In Memoriam

Ilios Yannakakis (1931-2017)

Ilios_YannakakisIlios Yannakakis a été pendant de longues années un des piliers de l’Institut d’histoire sociale, fondé par Boris Souvarine.

Membre de son bureau et de son Comité de rédaction, il mettait son expérience si particulière à notre service. Né au Caire, il était parti très jeune à Prague afin d’y recevoir une formation militaire et s’engager dans l’armée des communistes grecs. Ces derniers furent vaincus, et Ilios resta en Tchécoslovaquie de 1948 à 1968. La vingtaine d’années qu’il avait passées dans ce pays lui donnait une vue originale, sensible, vivante, de la vie derrière le rideau de fer.

Réfugié en France après l’invasion soviétique, il contribua à faire connaître le Printemps de Prague mais aussi ses limites. Accueilli par la gauche – celle des Temps Modernes ou du Nouvel Observateur - Ilios Yannakakis développa peu à peu des analyses sans concession du communisme, proches de celles qu’on trouvait par exemple à Est&Ouest, où il fit la connaissance de Branko Lazitch, Annie et Arthur Kriegel, Christian Jelen – avec qui il noua une amitié forte.

Il parla désormais du communisme comme d’un système totalitaire international. L’ignorance et le mépris des régimes communistes pour l’individu et ses droits le poussèrent à adhérer à la SIDH, la Société internationale pour les droits de l’homme, qui trouvait plus justifié de défendre en priorité les dissidents de l’Union soviétique que les objecteurs de conscience suisses !

Il fut missionné par cette association, et par d’autres aussi, non seulement en Europe mais en Algérie, au Venezuela, en Corée, en Egypte, en Angola et même en Irak. Ilios n’était pas en effet un rat de bibliothèque : il écrivait en combattant ou combattait en publiant  des articles, en préparant des interventions lors de colloques, en réalisant des films. Il aimait parler à la télévision et à la radio où il se réjouissait d’avoir parfois à affronter des vedettes de l’establishment gauchiste. La vitalité dont il faisait preuve, jusque dans ses différents modes d’expression, nous manquera.

retrouver son intervention au colloque du mardi 17 janvier 2012, "La Russie nouvelle, 20 ans après l'effondrement de l'URSS ", "Le délitement du Pacte de Varsovie et la nouvelle doctrine de défense" par Ilios Yannakakis, historien, membre du comité de rédaction de la revue Histoire & Liberté