Conférence du Jeudi 8 février 2018

de 18 h à 20 h au café du Pont Neuf nous recevronsStéphane Breton  

Stéphane Breton

pour un débat

Quelle résistance à l'islamisme ?

Le totalitarisme islamiste est l’une des préoccupations majeures de l’Institut d'Histoire Sociale.

Les articles d’Histoire & Liberté et le thème de notre dernier colloque en témoignent.

Le projet de constitution d’un réseau de résistance à l’islamisme, lancé par Stéphane Breton, ethnologue, maître de conférences à l’EHESS, et ses amis, ne pouvait que susciter notre intérêt, voire notre enthousiasme.

Nous lui avons demandé de nous exposer ce projet afin d’en débattre avec lui :

Nous sommes, écrit-il, quelques amis – dont Patrice Franceschi, Pascal Bruckner et Céline Pina – qui se sont rejoints pour démarrer un mouvement, ou plutôt un réseau, pour le moment très informel, destiné à faire entendre notre voix contre le totalitarisme islamiste.

Le temps de l’analyse est passé, que celui de la mobilisation commence, car dans notre pays beaucoup de gens ont spontanément conscience de ce qui se passe, ils se sentent seuls et sont inquiets devant la manière dont la liberté républicaine est grignotée et la trop grande discrétion que les clercs, une fois de plus !, mettent à la défendre, trop souvent en ordre dispersé d’ailleurs, tandis que les adversaires de la liberté avancent, tout sourire en rangs serrés.

Par exemple, lorsqu’il y a deux ans Kamel Daoud avait très courageusement publié ses tribunes dans Le Monde et le New York Times, il avait été contré dans Le Monde par une phalange de cent personnes aux arguments médiocres. Nul ne leur avait répondu. Nous avions trouvé cela extrêmement inquiétant et blessant. Un air mauvais flottait, d’indifférence, de trop grande confiance, peut-être même de lâcheté.

Notre mouvement est destiné à soutenir, défendre, appuyer toutes les voix qui s’élèvent et à élever la voix nous-mêmes.

ans un livre récemment traduit en français du grand sociologue allemand Norbert Elias, il est dit que les Allemands démocrates ne pensaient pas du tout, dans les années 20 et 30, que le nazisme passerait, tant la chose était stupide. Ils se contentaient de hausser les épaules. Or, cette bêtise à front de taureau est une arme de guerre. Le totalitarisme n’est jamais subtil. Nous devons affronter à nouveau cette bête qui revient sonner à notre porte, comme elle le fait à chaque génération avec des habits neufs qui ne trompent que les naïfs, et qui voudrait bien entrer en n’essuyant qu’un seul pied.

Une dernière chose : dans la résistance contre cette violence, nous devons être unis et indifférents aux différences d’opinions. La tribune que nous allons publier, signée par plus de cent personnes, doit refléter des engagements politiques divergents, c’est essentiel pour exprimer clairement le fait que la menace est plus forte que ce qui peut nous séparer. Je repense souvent au beau poème d’Aragon sur la Résistance, La rose et le réséda. Il sera notre boussole.

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