Conférence du Mardi 23 janvier 2018

de 18 h à 20 h à NanterreLoris_Chavanette  

Philippe Boulanger

le thème

"Le "socialisme bolivien" d'Evo Morales "

Dirigeant du syndicat des planteurs de coca, figure majeure du Mouvement vers le socialisme (MAS), opposé aux partis dits néolibéraux, admirateur de Fidel Castro et d’Hugo Chávez, Evo Morales accède à la présidence de la Bolivie en janvier 2006.

Il entend incarner une "révolution" qui se veut féministe, écologiste, antilibérale, anticapitaliste, favorable aux nationalisations, garante des droits des "indigènes", protectrice de la Pachamama, la "Terre-Mère" de la mythologie andine, défiante à l’endroit des États-Unis, soucieuse de récupérer le flanc maritime perdu en 1883 contre le Chili, hostile à l’Église catholique associée à la période coloniale.

En 2017, la Bolivie est effectivement un "nouveau pays", mais bien différent de celui que voulaient les idéologues du MAS : une nation métissée, jeune, urbaine, alphabétisée, reliée aux circuits économiques continentaux, saisie par la société de consommation, l’individualisation des comportements sociaux et la déchristianisation.

Dans son ouvrage Evo Morales ou le malentendu bolivien (Paris, Éditions Nuvis, 2017), Philippe Boulanger rend compte de la "décennie Evo" (2006-2016). Il va au-delà de l’image du président héros d’une gauche internationale en quête de révolution. Il montre aussi un pays en pleine modernisation, ce qui explique en partie la volonté de Morales de s’éterniser au pouvoir et la crise politique actuelle.
La Bolivie d’Evo Morales, liée à Cuba, au Venezuela et à la Chine, est ainsi une donnée indispensable à l’appréhension globale du "socialisme du XXIe siècle" en Amérique latine.

Philippe Boulanger
auteur d’une thèse sur Jean-François Revel, a vécu plusieurs années en Bolivie.

présentation par l'éditeur du livre

"Evo Morales ou le malentendu bolivien"

Depuis le 21 janvier 2006, Evo Morales préside aux destinées de la Bolivie. Il incarne la stabilité politique, la croissance économique, la justice sociale, le recouvrement de la souveraineté nationale, la revanche sur la colonie espagnole et le retour à un âge d'or pré-hispanique. Dirigeant syndical des planteurs de feuilles de coca, son "processus de changement" se prétend anti-impérialiste, féministe, écologiste, antilibéral, favorable aux nationalisations, garant des droits des "indigènes", défiant à l'endroit des États-Unis, soucieux de récupérer le flanc maritime perdu en 1883 contre le Chili et sourcilleux à l'endroit de l'Église catholique associée à la colonie dans une même détestation. Mais qui est vraiment Evo Morales ? Le "processus de changement" est-il véritablement anticapitaliste, écologiste, féministe, solidaire des populations originaires, en un mot "de gauche" ? Pour les Boliviens, ces dix dernières années n'ont-elles pas été surtout scandées par le surgissement de l'urbanisation, de la société de consommation, de l'individualisme et de la déchristianisation, et par le déclassement progressif du mode de vie rural et de la cosmovision précolombienne sublimés par le "processus de changement" ? C'est cette "décennie Evo" que retrace et explique le présent livre, axé sur la figure du président bolivien, mais qui va au-delà de cette icône de la gauche antilibérale internationale afin d'analyser les mutations sociologiques, idéologiques et politiques d un pays en pleine modernisation.

Voici un livre qui donne des clés pour comprendre la crise actuelle en Bolivie et l’irrépressible volonté d’Evo Morales d'instrumentaliser la Constitution bolivienne pour s’éterniser au Palais Présidentiel. A travers l'analyse de l'itinéraire de l’homme fort de la Bolivie, en se focalisant sur la "décennie Morales", Philippe Boulanger explique le "malentendu bolivien" qui, depuis 2005, fait l'actualité du pays.

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