Conférence du Mardi 14 mars 2017

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Yves Michaud

de 18 h à 20 h à NanterreYves_Michaud

"Le contrat social : à quoi bon ?"

Mardi 14 septembre à 18h, dans nos locaux, nous recevrons Yves Michaudphilosophe, directeur de l’école des Beaux-arts à Paris, de 1989 à 1996 et organisateur de l’Université de tous les savoirs, une université populaire libre faisant le bilan des connaissances actuelle(www.utis.fr)?

Son avant-dernier essai, Contre la bienveillance (Paris, Stock, 2016) prenait à bras le corps les trois défis de la politique actuelle : la montée du fondamentalisme religieux, celle des populismes, la faillite des politiques internationales idéalistes.

Aujourd’hui, en France, voire en Europe, la moindre critique de l’islam rencontre aussitôt l’accusation d’islamophobie et déclenche les discours d’excuse de la bien-pensance. Non, l’islam n’est pas intolérant ! Non, l’intolérance en son sein est uniquement le fait des minorités ! Et, de toute manière, c’est la religion des ex-colonisés et des opprimés. (…)
L’obsession de la bienveillance et du soin nous fait aborder avec compassion les plaintes, toutes les plaintes, et en ce sens valide et renforce toutes les revendications populistes les plus démagogiques – puisque ce sont chaque fois des victimes qui parlent et qu’il faut écouter : victimes du capitalisme, victimes de la mondialisation, victimes de la technologie, victimes de la concurrence, victimes de leurs échecs scolaires et, finalement, victimes d’elles-mêmes.
Dès lors qu’on parle de victimes, il y a aussi des agresseurs ; et comme ces agresseurs sont dissimulés par le fameux ‘système’, non seulement la démagogie mais aussi le conspirationnisme peuvent se donner libre cours..
                                                                                         Contre la Bienveillance
p. 155/156

Il a donné une suite à cet essai dans Citoyenneté et loyauté (Paris, Kero, 2017) où il propose des mesures concrètes pour reconstruire une citoyenneté loyale.

À de multiple égards, plusieurs pays européens, à commencer par la France, ne sont pas aujourd’hui dans une situation très différente de celle qui existait dans les années 1786-1788 – une situation prérévolutionnaire. Les maux sont loin d’être les mêmes : il fallait construire la République, nous avons à la défendre et à la faire revivre.
Surtout, les perspectives révolutionnaires sont fermées parce que nos pays développés sont vulnérables à la moindre déstabilisation de l’économie (comme on l’a vu lors de l’épisode du ‘Grexit’ impossible) et étroitement dépendants les uns des autres.
Sauf que si la ‘révolution’ ne semble plus envisageable, le délitement et la décomposition graduelle le sont..
                                                                                         Citoyenneté et loyauté
p. 112/113

Il y rappelle que l'idée de contrat social n’est pas tombée pas du ciel, qu’elle est apparue en Europe au moment des guerres de religion pour répondre à la question: à qui doit-on obéissance?

Face aux conflits religieux qui font retour et à la pluralité des autorités (familiales, locales, communautaires, nationales, supranationales), l'idée de contrat social reprend aujourd'hui, nous dit-il,  du sens et de l'urgence.

→ Lire aussi son entretien réalisé par Causeur sur "La Citoyenneté, les djihadistes et la mort civile"