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Le Hezbollah libanais26 juin - Venezuela : narco-trafic et Hezbollah

Un entretien du général Cristopher Figuera réalisé par le Washington Post(1) le 24 juin souligne bien des aspects, trop souvent tenus de l'ombre, du régime de Maduro au Venezuela. L'intéressé a dirigé le service de renseignement du pays, le SEBIN (Servicio Bolivariano de Inteligencia Nacional) et démissionné et publié une lettre publique(2), en date du 1er mai, au lendemain du soulèvement raté du 30 avril. "Je suis fier de ce que j'ai fait", déclare-t-il aujourd'hui. Dans cet entretien, il révèle notamment que des cellules du Hezbollah opèrent dans plusieurs régions du Venezuela et y lèvent des fonds.

Il a également estimé que Nicolas Maduro pouvait encore tomber.

Il explique avoir consulté des renseignements selon lesquels le Hezbollah menait des opérations à Maracay, Nueva Esparta et Caracas, "apparemment axées sur des activités illégales pour financer des opérations au Moyen-Orient". "J'ai compris que les affaires de narco-trafic et de guérilla ne devaient pas être touchées", souligne-t-il.

Nicolas Maduro a accusé le général Figuera d'être une "taupe de la CIA". "Pour le moment, le régime nous a damé le pion. Mais cela pourrait changer rapidement", a ajouté le général.

Autrefois chef de la sécurité du défunt président vénézuélien Hugo Chavez, le mentor de M. Maduro, il s'est caché deux mois durant dans la capitale colombienne jusqu'à son arrivée le 24 juin aux États-Unis, selon le quotidien américain.

Durant cet entretien de douze heures avec Cristopher Figuera, le militaire a formulé de graves accusations de corruption contre plusieurs hauts responsables du pouvoir vénézuélien y compris des membres de la famille de Maduro. Il rappelle que l'influence de Cuba est déterminante à Caracas et que Nicolas Maduro s’entretient régulièrement avec l'ancien président cubain Raùl Castro.

Il a fait état d'opérations de blanchiment d'argent impliquant l'ex-vice président Tareck El Aissami, aujourd'hui ministre des Industries du régime. Maduro, qui fait l’objet de sanctions de la part des États-Unis où il est accusé de trafic de drogue. Selon la revue américaine Foreign Policy, Aissami, d'origine syro-libanaise, maintient des liens étroits avec le Hezbollah libanais.

Notes :
(1) cf. "Maduro’s ex-spy chief lands in U.S. armed with allegations against Venezuelan government"
(2) cf. "Ex director del Sebin envía mensaje a Maduro tras alzamiento militar: Llegó la hora de buscar otras formas de hacer política"

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