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l'icône de ChavezChavez : icône du Socialisme du XXIe siècle

Chronique du 16 avril 2019

Alexis Brunet, dans un article sur le site de Causeur, signal le film  : "Le chavisme, la peste du XXIe siècle" qui désenchante la révolution vénézuélienne.

Ce film, observe-t-il, retrace l’altération progressive de la société vénézuélienne depuis le putsch manqué d’Hugo Chavez en 1992. Sorti en juin 2018, il a été dirigé et produit par l’avocat et militant des droits de l’homme Gustavo Tovar Arroyo. Connu dans son pays pour ses prises de positions à la fois finement rédigées et très critiques envers le chavisme, notamment dans les quotidiens nationaux El Nacional ou La Patilla, le réalisateur vit aujourd’hui en exil au Mexique, dans l’État du Michoacán. Tandis que ses coréalisateurs ont eux aussi été contraints à l’exil, le film a été désigné meilleur documentaire international à New-York et projeté à Bruxelles et à Rome.

Il est depuis diffusé par ses réalisateurs sur la plateforme YouTube, où il fait un carton – sauf au Venezuela, où la connexion internet est si précaire qu’il est très difficile d’y visionner des vidéos d’une heure et demi… Malheureusement, il n’est disponible qu’en espagnol ou sous-titré en anglais. Pour ceux que le webcinema ou la langue de Nicolas Maduro rebuteraient, j’en propose un aperçu. "Le documentaire cherche à faire prendre conscience du terrible drame subi lors de la période chaviste", ont déclaré ses auteurs lors de sa sortie. Alors que le Venezuela semble plus divisé que jamais, ce film est brûlant d’actualité.

Le 4 février 1992, Hugo Chavez tente d’assassiner le président Carlos Andres Perez. Le putsch échoue, Chavez va en prison. Deux ans plus tard, à peine sorti des barreaux, le commandant va à La Havane, reçu en grande pompe par Fidel Castro. Devant ce dernier et un parterre de dirigeants socialistes, il déclare : "Cuba est un bastion de la dignité latino-américaine. En cela il faut le voir, en cela il faut le suivre, en cela il faut l’alimenter", avant d’évoquer "un projet stratégique dans lequel les Cubains ont beaucoup à apporter […] un projet d’un horizon de 20 à 40 ans". Tout est dit : le commandant entend bien concrétiser le rêve d’expansion politique du régime cubain. Fidel paraît soulagé. Pour mener à bien ce projet, Chavez adopte une rhétorique en faveur des plus démunis, un discours contre les inégalités, il est l’apôtre d’une "économie humaniste". Soucieux de garder une apparence démocratique vis-à-vis des siens, peu enclins à une nouvelle révolution castriste, il concède au journal télé de son pays que "Cuba est une dictature".

Ce n’est pas un intello, le Chavez, mais il a bien cerné le ras-le-bol de son peuple envers les politicards corrompus. La crise de la démocratie est réelle dans les années 1990, les élites sont coupées du pays. L’outsider se présente donc à l’élection présidentielle en 1998 et est élu. Le nouveau président se réclame à la fois de Karl Marx – qu’il connaît peu, concédera-t-il – de Mao Zedong, de Friedrich Engels, du colonel Kadhafi, du libérateur Simon Bolivar ou encore… de Jésus-Christ.

Chavez, un homme assoiffé de pouvoir (...)

Lire la suite : sur le site de Causeur

Voir le film : sur YouTube

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