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LE 2 JUIN PLACE TIAN AN-MENChine : Les 30 ans du printemps de Pékin

Chronique du 15 avril 2019

À lire sur ce sujet : deux bons articles parus dans Libération et Sud Ouest.

Sud Ouest :  Il y a 30 ans, le début du "printemps de Pékin", place Tiananmen

Le 15 avril 1989, les étudiants chinois lançaient le plus important mouvement de contestation de l’après Révolution Culturelle, place Tiananmen. La révolte sera réprimée dans un bain de sang, le 4 juin suivant.

En avril 1989, dans plusieurs pays du monde dirigés d’une main de fer par le pouvoir communiste, l’histoire hésite à changer de route. Un vent d’aspiration à la liberté s’est levé. En Europe, le bloc de l’Est vacille. A Berlin, le mur n’est pas encore tombé, mais ce n’est plus qu’une question de mois. Depuis l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir, l’Union soviétique n’est plus vraiment la même.

Démocratie et multipartisme. En Chine, où une minorité bénéficie de la révolution économique impulsée par Deng Xiaoping, qui a lancé en 1979 les "Quatre Modernisations" de l’agriculture, de l’industrie, des sciences et de la défense, on espère aussi une "cinquième modernisation" :  celle des réformes politiques. Professeurs de l’enseignement supérieur, intellectuels et étudiants réclament la démocratie et de multipartisme, des revendications déjà portées lors du "printemps de Pékin", dix ans auparavant.

Parmi les dirigeants réformistes qui dénoncent une élite corrompue et la montée des inégalités sociales, Hu Yaobang. Cet ex-secrétaire du Parti communiste chinois (PCC), "purgé" du parti en 1987 pour avoir été trop complaisant face à un premier soulèvement d’étudiant, s’efforçait de "promouvoir les réformes culturelles et idéologiques". Le 15 avril 1989, sa mort soudaine, d’une crise cardiaque, va déclencher la révolte des étudiants.  (...)

Lire la suite sur le site de Sud Ouest

Libération Cheng Xin : "Le mouvement de Tiananmen a eu une influence profonde en Chine."

Zhifan Liu, Correspondant à Pékin s'entretient le 14 avril avec Cheng Xin, ex-étudiant contestataire, qui raconte la révolte réprimée dans le sang il y a trente ans. Privé de ses diplômes, il n’a pas abandonné ses espoirs de voir la démocratie rayonner un jour à Pékin.

Comme chaque année en cette période du printemps, Pékin est anormalement calme. La place Tiananmen ne déroge pas à la règle. Pas une plaque. Encore moins un monument pour rappeler que, trente auparavant, des milliers d’étudiants, d’intellectuels et d’ouvriers ont occupé la place centrale de Pékin pour entamer un mouvement démocratique de plusieurs semaines, l’événement le plus important depuis la révolution culturelle, qui sera réprimé dans le sang.

Dans la Chine de Xi Jinping, nulle mention du «6-4», qui désigne le 4 juin, date du massacre de l’armée sur les étudiants. Pas une ligne dans les manuels d’histoire. Et toute mention des protestations est censurée sur l’Internet chinois. La semaine dernière, l’américain Apple a même retiré de son catalogue chinois le titre d’un chanteur hongkongais dont les paroles faisaient référence à cet événement tragique. "Un mouvement comme Tiananmen en 1989 ne pourrait plus arriver de nos jours", dit, lucide, Cheng Xin (1), 54 ans. L’ex-étudiant contestataire constate : "L’espace des libertés publiques s’est considérablement rétréci depuis trente ans", rappelle cet homme, loin d’être intimidé par les pressions subies depuis trois décennies. Difficile d’imaginer en effet que l’actuelle place Tiananmen puisse être prise d’assaut comme elle a pu l’être en 1989. Il faut désormais passer par des portiques de sécurité et montrer patte blanche avant de pouvoir y pénétrer. Sans compter les caméras qui épient les moindres faits et gestes.

Mort soudaine. A la fin des années 80, la Chine célèbre l’ouverture économique impulsée en 1979 par Deng Xiaoping. Une minorité profite des débuts du miracle économique chinois. Et des voix s’élèvent pour fustiger, déjà, une élite corrompue et la montée des inégalités sociales. On réclame une cinquième modernisation, la démocratie, complémentaire à celles lancées par Deng dans l’industrie, l’agriculture, les sciences et la défense. La presse gagne en liberté, et les réformistes ont leur rond de serviette à la table du Parti communiste chinois. La mort de l’un d’eux va déclencher le mouvement étudiant. Le 15 avril, Hu Yaobang, ex-secrétaire général du PCC, décède d’une crise cardiaque. Sa mort soudaine choque. Les campus pékinois se mobilisent pour rendre hommage à celui qui avait été «purgé» par le Parti deux ans plus tôt pour avoir été jugé trop tendre face à un premier soulèvement d’étudiants. (...)

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