logo ihs

Poutine et MaduroVenezuela : internationalisation de la crise

Chronique du 4 avril 2019

Les États-Unis ont demandé ce 4 avril au Conseil de sécurité de l'ONU d'organiser la semaine prochaine une réunion sur la crise humanitaire au Venezuela, selon des diplomates.

La réunion, qui devrait avoir lieu le 10 avril, doit évoquer l'aggravation de la situation politique et économique dans ce pays en crise, et ses effets sur les familles et les enfants.

Un rapport interne de l'ONU dont l'AFP a pris connaissance évalue à sept millions le nombre de personnes qui nécessitent de l'aide humanitaire (nourriture, médicaments et accès aux soins), soit près du quart des habitants du Venezuela.

Quelque 3,7 millions souffrent de sous-nutrition, soit trois fois plus qu'en 2010-2012, et au moins 22% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Nicolas Maduro met en cause les sanctions économiques américaines, mais Juan Guaido accuse l'incurie et la corruption gouvernementales.

Une cinquantaine de pays, dont less États-Unis, ont reconnu en janvier Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela en lieu et place de Nicolas Maduro. Mais les sanctions et pressions américaines n'ont pas réussi jusqu'ici à pousser le dirigeant socialiste à quitter le pouvoir.

L'administration américaine a demandé en février au Conseil de sécurité d'adopter une résolution en faveur d'une nouvelle élection présidentielle et d'un acheminement sans entrave de l'aide humanitaire, mais la Russie et la Chine ont opposé leur veto.

Washington a aussi tenté de faire parvenir de l'aide au camp Guaido, mais l'acheminement a été bloqué en février par les forces de sécurité. Caracas y voyait un prétexte à une intervention armée américaine pour déloger le président Maduro.

La semaine précédente, la Croix-Rouge internationale avait annoncé une distribution d'aide d'urgence, une inflexion dans la position du camp Maduro qui niait jusque-là l'existence d'une "crise humanitaire" dans le pays pétrolier.

Les Etats-Unis ont immédiatement "salué" l'annonce de la Croix-Rouge et se sont dits prêts à envoyer leur propre assistance par le biais de l'organisation internationale.

• Maduro annonce vouloir renforcer sa coopération militaire avec Moscou
 
Le Venezuela souhaite renforcer sa coopération militaire avec la Russie et attend de nouvelles arrivées de soldats dans le pays, confronté depuis deux mois à une grave crise politique, ont annoncé jeudi des responsables vénézuéliens à Moscou.

La Russie a envoyé en mars deux avions au Venezuela qui transportaient, selon des médias vénézuéliens, 99 militaires et 35 tonnes de matériel. Moscou y a également inauguré fin mars un centre de formation militaire pour pilotes d'hélicoptères.

"Nous coopérons avec la Russie dans tout un nombre de domaines, l'un d'entre eux est celui de la défense", a déclaré le ministre vénézuélien de la Planification, Ricardo Ménendez, cité par l'agence de presse Interfax en marge d'un forum russo-vénézuélien à Moscou.

"Nous avions une coopération militaire, nous l'avons et nous continuerons de la renforcer", a-t-il souligné.

Pour sa part, le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, a indiqué s'attendre "sûrement" à l'arrivée de "nouveaux" militaires russes au Venezuela. "De nouvelles missions militaires vont sûrement arriver dans le cadre des accords déjà signés", a-t-il déclaré, cité par l'agence RIA Novosti.

La Russie et le Venezuela ont conclu en 2011 un accord de coopération militaire prévoyant la vente d'armements russes à Caracas, financé par un crédit russe.

Le Venezuela, où Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier, est devenu ces dernières semaines un point de friction supplémentaire entre Moscou et Washington.

Comme une cinquantaine de pays, Washington reconnaît Juan Guaido comme président par intérim et réclame le départ de Nicolas Maduro, tandis que Moscou accuse les Etats-Unis d'essayer d'organiser un "coup d'Etat" dans ce pays aux immenses réserves pétrolières.

Ces tensions ont connu un nouveau pic depuis l'arrivée des deux avions russes. Le président américain Donald Trump a sommé Moscou la semaine dernière de quitter le Venezuela.

De son côté, le Kremlin a demandé à M. Trump de "respecter" la Russie et de ne pas se mêler de ses relations avec Caracas.

• l'Union Européenne  condamne la levée de l'immunité de Guaido

Encore ce 4 avril 'Union européenne a condamné la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant Juan Guaido, reconnu président du Venezuela par intérim par plus d'une cinquantaine de pays, par l'Assemblée constituante acquise au chef de l'Etat Nicolas Maduro.

"L'UE rejette la décision prise par l'Assemblée constituante", a déclaré au nom des 28 la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué. "Cette décision constitue une violation grave de la constitution vénézuélienne, ainsi que de l'État de droit et de la séparation des pouvoirs, l'Assemblée nationale étant le seul organe habilité à lever l'immunité des membres du Parlement", a-t-elle poursuivi. "Ces actes sapent une issue politique à la crise et ne font qu'accroître la polarisation et l'escalade des tensions dans le pays", a ajouté Mme Mogherini.

La crise vénézuélienne sera au menu le 8 avril, d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Luxembourg.

Source : dépêches AFP du 4 avril 2019
→ Recevoir nos mises à jourRevenir au fil de nos chroniques

Tweet