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cégétistes d'Air France au printemps 2018 CGT : éliminée chez Air France

Chronique du 14 mars 2019

Les salariés, souligne Valérie Collet dans le Figaro, se sont massivement mobilisés. FO, allié au SNPNC, devient la première organisation syndicale de la compagnie tricolore. La CGT sera ainsi exclue de la négociation des accords d'entreprise au cours des quatre prochaines années.

Les élections professionnelles qui viennent de s'achever chez Air France ont transformé le paysage syndical. Les 46 000 salariés se prononçaient pour élire les représentants des salariés aux sept conseils sociaux et économiques qui remplacent les anciens comités d'entreprise. Première surprise : au niveau de l'ensemble de l'entreprise, la CGT perd sa représentativité avec seulement 9,25 % des voix. Il faut en effet dépasser la barre des 10 % pour être représentatif. Lors du précédent scrutin de 2015, la CGT avait pris la quatrième position avec 14 % des voix.

À l'inverse, de nouveaux syndicats deviennent représentatifs, notamment chez les pilotes. Ainsi Alter, le troisième syndicat de la profession, obtient 10,69 % et s'invite aux côtés du Spaf (12,25 %) et du SNPL qui, avec 76,48 %, dépasse son score de 2015 avec 11 points de plus. Toutes catégories confondues, c'est FO allié au SNPNC qui devient la première organisation syndicale chez Air France avec 21,3 %. Arrive ensuite la CFDT- UNPNC (16,43 %), puis la CFE CGC alliée à l'Unac (14,43 %). Enfin l'Unsa aérien avec 13,28 %.

Taux de participation élevé. Ce sont ces organisations qui négocieront les accords d'entreprise chez Air France au cours des quatre prochaines années. Si l'on isole les établissements comme la maintenance, l'exploitation, le sol, les résultats sont sensiblement différents mais ils n'ont pas encore été publiés par la compagnie. Certains syndicats avaient alerté la direction avant le scrutin. Ils craignaient que le mode électronique mis en place pour la première fois soit préjudiciable à la participation. Cela n'a pas été le cas. Au contraire, les salariés ont été plus nombreux à voter avec un taux de participation de 76,53 % soit 6 points de plus qu'en 2015.

Patrice Tizon, le directeur général adjoint des ressources humaines d'Air France a salué un "taux de participation élevé" qui "démontre une nouvelle fois l'intérêt porté aux instances représentatives du personnel et du dialogue social". De son côté, la directrice générale d'Air France, Anne Rigail, a déclaré : "Ensemble, nous allons pouvoir collectivement bâtir un dialogue social constructif afin de faire face aux défis auxquels Air France est confrontée".

Il est vrai que depuis 2015, la compagnie a été marquée par des crises aiguës qui lui ont fait perdre ses objectifs de compétitivité et de rentabilité.  

Rappelons ainsi l'épisode de la chemise  de Xavier Broseta, vice-président exécutif d'Air France en charge des ressources humaines et des relations de travail, déchirée et arrachée par des grévistes, le 5 octobre 2015.

Or, la CGT, avait assigné Air France en justice, l'accusant d'avoir provoqué l'incident en ayant fermé la porte d'accès à son siège. Elle fut déboutée en mars 2018 de son action par le tribunal correctionnel de Bobigny.

Le tribunal correctionnel de Bobigny n'a pas été convaincu par l'argumentaire de la CGT. Le syndicat et deux anciens salariés d'Air France avaient fait citer à comparaître la compagnie pour "délit d'immixtion dans un conflit social" après avoir échoué à obtenir que la responsabilité de la compagnie dans les violences ayant émaillé la fameuse manifestation.

Cette affaire emblématique ainsi les nombreuses grèves dont la dernière qui a conduit au départ de Jean-Marc Janaillac à la suite d'une consultation du personnel, avaient laissé l'impression d'une irresponsabilité syndicale totale dans une conjoncture délicate pour la compagnie aérienne.

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