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combattants de l'ELN colombienneColombie : un chef de l'ELN arrêté

Chronique du 5 mars 2019

Chef guérilléro de l'ELN, Arturo Ordoñez est soupçonné d'avoir été l'organisateur de l'attentat contre l'école de la police à Bogota qui a coûté la vie à 22 personnes en janvier. Le 1er mars le président colombien Ivan Duque a annoncé son arrestation.

Arturo Ordoñez, également connu sous le surnom de "L'Éléphant", est "lié depuis 37 ans" à l'ELN (sigle correspondant à Ejército de Liberación Nacional, Unión camilista "Armée de libération nationale") dont il est "membre de la direction nationale", a indiqué le président sur son compte Twitter. Ivan Duque a précisé que cette arrestation porte un coup à la dernière guérilla du pays qui planifiait des attaques armées dans les villes d'Antioquia, Cundinamarca, Tolima et Bogota.

Selon le ministre de la Défense, Guillermo Botero, Arturo Ordoñez est également un des responsables du "plan pistolet" qui vise à assassiner des policiers.

Son arrestation est décrite par la présidence colombienne comme "le coup le plus dur" porté à la guérilla depuis des années. L'ELN avait revendiqué l'attentat du 17 janvier, qui avait entraîné la rupture du processus de paix.

Arturo Ordoñez et ses combattants entretiennent un climat de guerre dans les zones urbaines et rurales du pays car ils peuvent frapper des centres de pouvoir et des sites sensibles, a expliqué à l'AFP Jaime Zuluaga, professeur et chercheur à l'Université Externado de Colombie. "La chute d'un dirigeant de l'une des cellules, à moins qu'elle ne permette de toucher l'ensemble du réseau, peut porter un coup politique (...) mais ne paralysera pas" l'ensemble de la structure, estime-t-il.

Le chef de l'État colombien a indiqué, de son côté, être disposé à reprendre le dialogue à condition que les guérilleros libèrent tous leurs otages et s'engagent à cesser leurs "actions criminelles". Il a déclaré à la presse en janvier : "L’ELN s’éloigne chaque fois davantage de la possibilité d’un dialogue avec le gouvernement", ajoutant que l’ELN détenait désormais, au lendemain de la prise d'un hélicoptère transporteur de fonds 17 otages au total, dont certains depuis 2002.

Le président Ivan Duque avait appelé Cuba à extrader les guérilleros de l'ELN, présents à La Havane pour les négociations de paix annulées après l'attentat. Il exige que l’ELN libère tous ses otages et cesse l'ensemble de ses activités criminelles avant une reprise des négociations qui, entamées en février 2017 ont été suspendues en août 2018.

L'ELN est apparue en 1964. Inspirée du castrisme et d'Ernesto Che Guevara, elle se réclame du marxisme-léninisme. Elle compte environ 1 800 combattants et opère dans une douzaine des 32 départements colombiens. Bien que l'intensité des conflits ait diminué, bien que les Farc, réintégrés dans la vie civile par l'accord de paix, et transformés en parti, aient été balayées par le vote démocratique, la Colombie reste en lutte depuis plus d’un demi-siècle, face à des guérillas, largement reconverties dans les trafics de drogue. Ces guérillas ont fait quelque 8 millions de victimes entre morts, disparus et déplacés.

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