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ian brossatPCF : lancement de la campagne européenne

Chronique du 15 février 2019

Le Parti communiste a finalisé sa liste mais, souligne Raphaël Proust dans L'Opinion, "laisse la porte ouverte à une convergence avec les autres formations de gauche". L’adjoint à la maire de Paris Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste français pour les élections européennes, devait lancer officiellement sa campagne le 5 février avec la tenue d’un meeting à Marseille :

Nouveau logo, nouveau secrétaire national et, désormais, nouvelle stratégie politique ? Avec l’élection fin novembre du député du Nord Fabien Roussel comme secrétaire général, les communistes ont voulu clore une décennie passée dans l’ombre de Jean-Luc Mélenchon au sein du Front de gauche, né lors de la campagne pour les élections européennes de 2009. Dix ans plus tard, alors qu’un nouveau scrutin se profile, le Parti communiste (PCF) s’est attelé tout seul dans son coin à la constitution d’une liste qui devrait porter ses couleurs.

L’adjoint à la maire de Paris Ian Brossat a été désigné chef de file dès le mois de juin, afin de mener les discussions avec les autres formations de gauche en vue d’une improbable union. Ce qui n’a pas empêché les adhérents de voter la semaine dernière pour la liste proposée par la direction… tout en gardant "la porte ouverte au rassemblement de tous ceux qui convergent avec cette démarche", comme l’indiquait un communiqué du parti.

Si les communistes jouent sur deux tableaux c’est que, au-delà de la volonté de retrouver leur autonomie pour un scrutin à la proportionnelle, les sondages sont très mauvais. La liste reste bloquée à 2 % des intentions de vote dans toutes les enquêtes, bien loin de la barre des 5 % requis pour envoyer des élus à Bruxelles et Strasbourg.

Le parti compte cependant rebondir, notamment en mettant en avant l’arrivée de Gilets jaunes sur sa liste. L’ouvrière à la retraite Marie-Hélène Bourlard, aperçue dans le documentaire de François Ruffin Merci Patron !, figure ainsi en bonne place, juste derrière Ian Brossat et devant deux eurodéputés sortants. Un choix qui illustre la volonté de Fabien Roussel de renouer avec les fondamentaux communistes en incarnant « la France qui travaille". Près de la moitié des candidats affichent ainsi un CV d’ouvrier, d’employé ou d’élu local.

Rapport de force. Tout n’est pas pour autant gravé dans le marbre. Le PCF a ainsi participé aux réunions organisées par le mouvement Place publique qui mène un intense travail de conviction pour une liste unique de gauche aux européennes, à l’exception de La France insoumise. Portés par des sondages satisfaisants, les écologistes se sont soigneusement tenus à l’écart de la manœuvre que certains perçoivent comme une opération de sauvetage déguisée du Parti socialiste, lui aussi promis à la déroute dans les sondages. Restent le PCF, Génération.s et le PS, donc. Fabien Roussel a récemment fait un appel du pied à Benoît Hamon, laissant entendre que la composition de la liste, à peine arrêtée, pourrait bouger "jusque dans les dix premiers".

Négocier les meilleures places sur une éventuelle liste d’union, tout en brandissant la menace d’une liste autonome déjà constituée… La stratégie du rapport de force fait en tout cas l’admiration de certains socialistes. "Les communistes campent certes sur des positions fermées, mais si on donne l’impression d’hésiter, on fragilise la discussion", souligne un premier fédéral du PS. Alors que la direction socialiste se dit prête à renoncer à la tête de liste en cas de rassemblement, le PCF ne jure que par Ian Brossat. Une stratégie jugée "illisible" par plusieurs militants et élus qui s’en sont émus dans une tribune publiée il y a une dizaine de jours dans L’Humanité. La rencontre le 1er février à Brest entre Benoît Hamon et Ian Brossat aura peut-être permis peut-être de l’éclaircir.

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