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Pablo Beltran chef de l'ELNColombie : à quoi jouent l'AFP et Le Point

Chronique du 31 janvier 2019

Cet article, traduit de l'espagnol par Colombian News, a été écrit pour Periódico Debate, à Bogotá, par José Alvear Sanín et publié sous le titre : "L'ELN et l'attaque terroriste à Bogotá: à quoi l'AFP joue-t-elle ?":

À propos de l'acte terroriste commis à Bogotá par l'ELN (1) qui a coûté la vie à 20 étudiants et blessé plusieurs dizainƒes de personnes, je m’attendais à des informations correctes, mais l'AFP et le magazine Le Point, au lieu d'interviewer le président Ivan Duque ou le ministre Carlos Holmes Trujillo,  ont interviewé à Cuba, avec une grande complaisance, un chef terroriste de l'ELN, alias Pablo Beltrán.
L'ELN a revendiqué être l’auteur de cet acte terroriste, prétendant qu'il s'agissait d'une action militaire.

Beltrán dit qu'en Colombie se produisent, chaque jour, d'horribles "choses". Personne ne le sait mieux que lui, car au cours des 17 mois qui nous séparent du début des pourparlers à La Havane entre le gouvernement colombien et cette guérilla, l’ELN a commis 400 actes terroristes, tué 103 personnes et en a blessé 391 autres.

Je ne comprends pas la sympathie de l'intervieweur de l'Agence France Presse pour cette guérilla qui a effectué 5 282 enlèvements à ce jour. Si la mort et la souffrance humaine ne l’inquiètent pas, ce journaliste sera, peut-être, sensible aux  63 attaques à l’encontre des oléoducs colombiens commis par cette organisation au cours des derniers 17 mois, ce qui a provoqué d’énormes dégâts écologiques.

Par contre, le nouveau gouvernement colombien se préoccupe à la fois de la population et de l'environnement naturel. Pour cette raison, depuis son entrée en fonctions le 7 août, le président  Duque a mis trois conditions à la poursuite de ces dialogues :

1.- Que l'ELN libère tous ses otages
2.- Que l’ELN s’engage à ne plus kidnapper et
3.- Que l’ELN s'abstienne de commettre de nouveaux actes criminels.

Cependant, au cours des cinq mois qui se sont écoulés entre le 7 août 2018 et l'acte terroriste commis à Bogota, le président Ivan Duque n'a autorisé aucune action contre ce groupe criminel, en dépit des justes critiques reçues pour son attitude passive car il attendait des "gestes de paix". Ceux-ci ne sont jamais arrivés, mais Beltrán insiste sur le fait que son action était "militaire", ignorant que la police en Colombie est une institution civile qui ne conduit pas d'actions militaires ou antiterroristes.

Note : (1) Ce sigle est censé désigner une "Armée de libération nationale"

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