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Joshua WongHong Kong : le combat pour la liberté

Chronique du 23 janvier 2019

Dans Le Monde, le 22 janvier, Frédéric Lemaître et Florence de Changy dressent le portrait de Joshua Wong, symbole de la révolte de la jeunesse hongkongaise. En liberté provisoire, l’opposant hongkongais de 22 ans Joshua Wong poursuit son combat pour la démocratie face à Pékin. "Le Xinjiang, souligne-t-il, le Tibet, Taïwan, Macao et Hongkong font face à la ligne dure de Xi Jinping." Et il apparaît aussi que le slogan "un pays deux systèmes" que Pékin imagine imposer à Taïwan, cela ne marche pas :

Chaque lundi, depuis sa sortie de prison il y a tout juste un an, Joshua Wong doit se présenter au commissariat de police du quartier, où son passeport est "en bonnes mains". "Je dois leur prouver que je n’ai pas quitté Hong­kong", explique-t-il au Monde avec une once d’ironie avant de se rendre à son rendez-vous hebdomadaire. Ce jeune homme de 22 ans, qui estime avoir été prisonnier politique, est aujourd’hui en liberté provisoire.

Lors d’une rencontre dans un café qui fait face au Parlement où il a un emploi d’assistant parlementaire, Joshua Wong, symbole de la contestation politique hong­kongaise, récapitule ses récentes arrestations. Il parle comme il vit : à toute allure. Condamné en août 2017 à six mois de prison, pour troubles à l’ordre public, il est libéré au bout de trois mois, à la suite d’une décision de la Cour d’appel. À nouveau condamné à trois mois de prison en janvier 2018 pour des délits semblables, il est libéré sous caution dix jours plus tard.

Son appel dans ce deuxième procès devrait être examiné le 3 avril. Joshua Wong se "prépare au pire". Il sait que les autorités vont lui mener la vie dure, reconnaît-il. Tant que Xi Jinping est au pouvoir à Pékin, il n’y a pas d’espoir que Hong­kong devienne vraiment une démocratie. Toutefois nous ne plaçons pas notre ­espoir dans le régime, mais dans la population de Hongkong." Et dans le soutien international qui s’accroît à chaque procès. Des membres du Congrès américain n’ont-ils pas évoqué son nom pour le Prix Nobel de la paix ? Porter une telle responsabilité sur ses épaules à 22 ans n’est pas facile. Mais Joshua Wong assume et n’envisage pas de faire autre chose que de la politique. "Quel entrepreneur voudrait de moi ?", dit-il en riant.

En fait, ce jeune citoyen engagé est dans le collimateur des autorités, locales et chinoises, depuis le succès de la vaste campagne qu’il a montée en 2012 contre un nouveau programme scolaire d’éducation "nationale" – entendre, prochinoise. C’est lui qui, à 14 ans, alerte l’opinion sur cette menace de "lavage de cerveau à la mode chinoise" et parvient à mobiliser des dizaines de milliers de parents, éducateurs et jeunes élèves contre cette réforme souhaitée par Pékin. Le chef de l’exécutif Leung Chun-ying (2012-2017), alors en poste depuis quelques mois à peine, doit renoncer. Mais il n’oubliera jamais cette humiliante défaite infligée par ce collégien audacieux et déterminé.

Mouvement des parapluies. Deux ans plus tard, en septembre 2014, dès les premières heures du désordre qui allait devenir le "mouvement des parapluies", contre des réformes institutionnelles proposées par Pékin et jugées inacceptables par la jeunesse de Hongkong, Joshua Wong sera la première "prise" de la police. Une arrestation qui galvanise les manifestants, même si lui regrette encore d’avoir "raté les gaz lacrymogènes". Mais il rejoint vite le front et c’est sur les "barricades" de cette révolte civile, qui réclame le véritable suffrage universel pour Hongkong, qu’il fête ses 18 ans.

Depuis, Joshua Wong s’est assagi. Mais la situation politique de Hongkong n’a fait que se détériorer. Il s’inquiète de l’avenir politique de cette "région administrative spéciale" au statut très particulier, puisqu’en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", Hongkong est censé jouir d’un "haut degré d’autonomie" jusqu’en 2047. La Basic Law, sa mini-constitution, lui promet un système démocratique, et lui garantit un système juridique totalement indépendant.

Ne pas se faire oublier. Bien que les signes de durcissement des autorités centrales se multiplient de mois en mois, il se refuse à prédire l’avenir. A quoi bon ? Joshua Wong rythme son discours de "qui aurait cru ?" : "Qui aurait cru, il y a trois ans, que l’on pourrait empêcher des députés dûment élus de siéger au Legco [Conseil législatif de Hongkong, le Parlement] sous prétexte qu’ils ont mal prêté serment ?" – comme ce fut le cas en 2017 de Nathan Law, le candidat de Demosisto, le parti cofondé par Joshua Wong. "Qui aurait cru, il y a seulement trois mois, que le gouvernement oserait interdire l’accès à Hong­kong à un correspondant du Financial Times [le journaliste Victor Mallet, expulsé de facto] ?"

Pour le moment, Joshua Wong poursuit une stratégie de communication : aller à la rencontre de la population et ne pas se faire oublier du reste du monde. (...) → Lire la suite sur le site du Monde
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