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Martinez chef dela cGT

Gilets jaunes : le double jeu de la CGT

Chronique du 11 décembre

Marc Landré sur le site du Figaro souligne le scandale de l'attitude du secrétaire général de la CGT dans la crise des Gilets jaunes :

À deux heures d'intervalles, note-t-il, la centrale dirigée par Philippe Martinez salue la porte ouverte au dialogue par le gouvernement avant de décliner l'invitation de se rendre, vendredi, au ministère du Travail pour discuter d'une sortie de crise. Pis, pas une fois elle ne condamne la violence autre que… gouvernementale.

Mais à quoi joue donc Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT ? Son attitude tranche en effet avec celle de Laurent Berger, son alter ego de la CFDT, qui se démultiplie depuis trois semaines dans tous les médias pour tenter de trouver une issue à la crise actuelle. Le patron de la centrale de Montreuil est, lui, aux abonnés pour le moins absents depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". On ne le voit pas, on ne l'entend presque pas. Certes, Philippe Martinez a réclamé dès la première mobilisation, le 17 novembre, une augmentation du SMIC – à 1 800 euros brut par mois, une vieille revendication — pour tenter de calmer la grogne "légitime" des Français. Certes, il a appelé les citoyens à manifester, comme chaque année, le 1er décembre pour les sans-emploi et sans voir d'un mauvais œil une forme de coagulation des luttes, qu'il appelait d'ailleurs de ses vœux dans un entretien au Figaro pas plus tard qu'il y a deux mois. "Moi, en général, j'ai un gilet rouge, c'est la couleur de la CGT, a-t-il déclaré d'ailleurs sur France info il y a une semaine. Mais rien ne s'oppose à ce qu'il y ait des gilets rouges à côté de gilets jaunes".

Mais le leader syndical a franchi ce jeudi une ligne (rouge), en affichant au grand jour son double jeu préjudiciable pour ne pas dire irresponsable. D'un côté, le dirigeant de la CGT – qui prépare, il ne faut pas l'oublier, le congrès de Dijon en mai au cours duquel il entend briguer un second mandat — a participé à la réunion des numéros un des centrales syndicales qui s'est déroulée à la CFDT et cosigné, dans la foulée, un communiqué unitaire – seul Solidaires (les syndicats SUD) a refusé de parapher le texte — plutôt apaisant. "Aujourd'hui, dans un climat très dégradé, la mobilisation des gilets jaunes a permis l'expression d'une colère légitime. Le gouvernement, avec beaucoup de retard, a enfin ouvert les portes du dialogue", reconnaît ainsi la déclaration commune signée par la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'UNSA, la FSU et donc la CGT (mais que l'on ne trouve pas sur son site).

Avant de préciser que lesdites organisations "s'y engageront (au dialogue), chacune avec ses propres revendications et propositions, en commun chaque fois que cela sera possible", pointant du doigt "les sujets du pouvoir d'achat, des salaires, du logement, des transports, de la présence et de l'accessibilité des services publics, de la fiscalité" qui devront "trouver enfin des débouchés concrets, créant les conditions sociales d'une transition écologique efficace parce que juste". Un discours responsable visant donc plutôt à calmer le jeu et trouver une sortie positive au conflit actuel.

Mais moins de deux heures plus tard, la CGT a publié, seule, un autre communiqué qui dit tout le contraire et remet de l'huile sur le feu. Son titre, "le gouvernement joue à l'incendiaire social : c'est irresponsable !», résume à lui seul le contenu d'un texte où pas une seule fois les exactions et saccages commis, notamment les deux derniers samedis à Paris, ne sont condamnés. Au contraire. Morceaux choisis. "La CGT s'indigne et condamne fermement l'attitude du gouvernement qui répond par la seule violence aux légitimes exigences qui s'expriment diversement dans tout le pays", commence ainsi par écrire la centrale dirigée par Philippe Martinez, avant de parler de la "répression inadmissible" que subit notmamment la jeunesse. "La CGT ne peut pas accepter que le pouvoir frappe et tape nos enfants, ceux de la République !», poursuit le syndicat qui a perdu, faut-il le rappeler, en 2017 sa place de première organisation représentative dans le privé et joue aujourd'hui même, avec les élections dans la fonction publique, la première place tous secteurs (public et privé) confondus.

Mais le pire reste à venir… "Gouvernements et patronat, qui depuis des années, restent sourds à tout progrès social, qui s'accaparent les richesses que les travailleurs cré

La centrale dirigée par Philippe Martinez refuse ensuite l'invitation du gouvernement à la réunion qui doit se tenir ce vendredi au ministère du Travail "pour discuter de la méthode et du calendrier des mises en œuvre et décisions (mais lesquelles ?) annoncées par le Premier ministre" et "exige maintenant l'ouverture immédiate de négociations sur l'urgence sociale". Comme les "gilets jaunes", Philippe Martinez réclame mais refuse de discuter, confirmant même "son appel aux travailleurs à se réunir et à décider de l'action sur les lieux de travail". Bref, à faire grève et bloquer le pays, pas plus tard que le 14 décembre, date choisie par la centrale pour l'organisation d'une "journée d'actions nationale" contre le gouvernement.

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