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expulsion des espions russesPays-Bas : expulsion des espions russes

Chronique du 3 décembre

Les Pays-Bas ont révélé les détails d’une opération d’espionnage russe, que Martin Untersinger, dans Le Monde, juge "digne de la guerre froide" :

Quatre agents russes, en effet, ont été expulsés après avoir tenté, selon La Haye, de pirater le réseau Wi-Fi de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

Ce 13 avril en fin d’après-midi, à La Haye (Pays-Bas), une Citroën C3 gris sombre stationne sur le parking de l’hôtel Marriott. A un jet de pierre, derrière une simple barrière en métal, se dressent les locaux en demi-lune de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les quatre ressortissants russes qui ont loué le véhicule, deux jours auparavant, ont éveillé les soupçons du MIVD, les services de renseignement néerlandais. Alexei Morenets, Evgeni Serebriakov, Oleg Sotnikov et Alexei Minin sont arrivés le 10 avril à l’aéroport international d’Amsterdam en provenance de Moscou, munis des passeports diplomatiques. Les services néerlandais les ont rapidement identifiés comme des agents du GRU, le renseignement militaire russe, et les soupçonnent de préparer une opération de piratage informatique.

Alarmés par leur proximité avec les locaux de l’OIAC, ils décident d’appréhender les quatre Russes. Le résultat de leur opération a été dévoilé, avec un surprenant luxe de détails, jeudi 4 octobre par le ministère de la défense néerlandais. Selon ce dernier, les agents du MIVD ont interrompu une opération d’espionnage digne des grandes heures de la guerre froide.

A l’intérieur de la Citroën opérait un véritable poste avancé d’espionnage. Sur la plage arrière, camouflée sous un manteau noir, une antenne blanche était pointée vers les locaux de l’OIAC. Branchée à un ordinateur, alimentée par une batterie portable, elle était destinée, disent les autorités néerlandaises à pirater le réseau Wi-Fi de l’organisation. La veille, celle-ci avait confirmé dans un rapport que l’agent neurotoxique utilisé à Salisbury contre l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Ioulia, était du Novitchok, un agent innervant de conception soviétique. Au grand dam de Moscou.

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