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Maulana Sami ul HaqPakistan : sur l'assasinat d'un islamiste

Chronique du 20 novembre

L’assassinat de Maulana Sami ul Haq, dirigeant de l'école coranique de Darul Uloom Haqqania, dans l'Ouest du Pakistan, manifeste une nouvelle montée des tensions en Afghanistan.

Maulana Sami ul Haq, était l’une des plus influentes personnalités des Talibans afghans. Il a été tué en novembre dans la ville de Ravalpindi près de la capitale pakistanaise, Islamabad. La mort de Sami ul Haq, poignardé à son domicile situé dans une zone résidentielle privée de Bahria, a suscité de nombreuses interrogations.

Né en 1936 dans le petit village d’Akora Khattak dans la province pakistanaise de Khyber-Pakhtunkhwa, près de la frontière afghane,  Sami ul Haq, octogénaire, avait suivi son enseignement religieux au sein du Darul Uloom Haqqania, fondé par son père qui était également son professeur. Après la mort de son père, il s’était chargé de la direction de l’école et a dispensé son enseignement à certains politiciens, savants et intellectuels.

Sami ul Haq a soutenu, lors des dernières élections au Pakistan, le Parti pour la justice (PTI) d'Imran Khan, qui, victorieux est devenu premier ministre. Il avait accepté le 19 juillet 2018, l’invitation des Etats-Unis à des négociations avec les Talibans de l'Afghanistan.

Le premier ministre du Pakistan, Imran Khan, qui s’est exprimé sur l’assassinat de Sami ul Haq, depuis la capitale chinoise, Pékin, a condamné le meurtre de ce dernier et a ordonné une enquête en urgence.

Le problème taliban, maintient dans l'impasse dans les relations américano-pakistanaises.

Le Président américain, Donald Trump, qui avait partagé, le 21 août 2017, leur nouvelle stratégie en Afghanistan, ainsi que le secrétaire d'État américain de l’époque, Rex Tillerson, avaient tous deux constaté que "le Pakistan est devenu un havre de sécurité pour les organisations terroristes", mettant, de la sorte, l’échec de leur aventure en Afghanistan, d’une durée de 17 ans, sur le dos du Pakistan.

"Nous ne pouvons l’expliquer plus clairement", avait déclaré le ministre américain des Affaires Étrangères, Mike Pompeo, dans son discours prononcé mercredi 24 octobre 2018, soit environ un an après le dévoilement de leur stratégie en Afghanistan. Aussi, ce dernier avait invité le Pakistan à cesser d'être ce havre de sécurité.

"Le cas échéant, ils devront rendre des comptes", avait-il clairement formulé montrant ainsi que les tensions entre les deux alliés sont loin de se calmer.

De nombreuses autorités pakistanaises avaient fermement rejeté ces accusations. Parmi elles, le ministre pakistanais des Affaires Étrangères de l’époque, Khawaja Asif, avait affirmé que : "aucun pays dans le monde n'a autant lutté contre le terrorisme que le Pakistan, et aucun n’a autant subi de dommages en raison du terrorisme présent hors de ses frontières que le Pakistan. Les énormes efforts et les sacrifices du Pakistan et de sa nation dans la lutte contre le terrorisme sont ignorés."

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