logo ihs

Le génocide cambodgienCambodge : 40 ans après le génocide

Chronique du 19 novembre


Le 16 novembre, en raison des crimes commis contre les minorités ethniques et religieuses entre 1975 et 1979 deux anciens dirigeants khmers rouges ont été condamnés à la perpétuité.

Adrien Le Gal dans Le Monde, du 17 novembre, quarante ans après que le même journal ait parlé de la "libération de Pnomh Penh" par les Khmers rouges cherche à répondre à la question : "pourquoi le terme génocide a mis quarante ans à s’imposer"  s'agissant des crimes du régime communiste des Khmers rouges au Cambodge.

C’est la fin, écrit-il, d’une controverse historique : peut-on qualifier de "génocidaire" le régime du Kampuchéa démocratique, qui a fait près de deux millions de morts entre 1975 et 1979 ? Les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), un tribunal cambodgien parrainé par les Nations unies pour juger les anciens dirigeants khmers rouges, ont tranché, vendredi 16 novembre, en condamnant Khieu Samphan et Nuon Chea, respectivement chef d’Etat et idéologue du régime khmer rouge, à la prison à perpétuité pour le "génocide", non du "peuple cambodgien", mais de deux minorités : les Vietnamiens du Cambodge et l’ethnie musulmane Cham.

Une notion employée dès la chute des Khmers rouges. En janvier 1979, les Vietnamiens prennent Phnom Penh et mettent fin au régime du Kampuchéa démocratique, installant à sa place un gouvernement constitué d’anciens Khmers rouges ayant fait défection. Pol Pot et ses ministres, eux, s’enfuient et prennent le maquis. Pour légitimer ce nouveau régime, également de type communiste, mais aligné sur les positions d’Hanoï, les autorités organisent, le 19 août 1979, un procès in absentia contre "la clique Pol Pot-Ieng Sary" – respectivement chef du mouvement khmer rouge et le ministre des affaires étrangères.

Ce procès, qui est avant tout une opération de propagande, permet, pour la première fois, une prise de parole publique des victimes. John Quigley, un juriste américain invité par le tribunal, est alors appelé à dire si, selon lui, les crimes commis peuvent globalement être définis comme un "génocide", selon les termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948. Il répond par l’affirmative, et Pol Pot et Ieng Sary sont condamnés à mort, par contumace, pour "génocide".

Cette qualification a eu une importance capitale pour la suite : gracié en 1996 lors de son ralliement au premier ministre Hun Sen, Ieng Sary n’a eu de cesse, pendant son procès devant les CETC, d’affirmer qu’il ne pouvait pas être jugé une nouvelle fois, en raison du principe selon lequel le même crime ne peut pas être jugé deux fois – le tribunal, néanmoins, a écarté cette hypothèse.
Sous le régime communiste post-khmer rouge, dont Hun Sen prend la tête en 1985, le terme "génocide" est alors régulièrement employé, pas spécifiquement à propos des ethnies minoritaires décimées, mais pour désigner l’ensemble des crimes commis pendant cette période. Ainsi, la prison S-21, centre de torture et d’exécution du régime khmer rouge, est transformée en musée, d’abord sous le nom de "Camp d’extermination de la clique Pol Pot-Ieng Sary" puis sous celui de "Musée du crime génocidaire".(…)

→ Lire la suite sur le site du Monde

Lire aussi : "Cambodge : le génocide khmer rouge reconnu pour la première fois par le tribunal international"

Recevoir nos mises à jour →" Revenir au fil de nos chroniques

Tweet