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CGT + Tous unisCGT + "tous unis" = 21 500 manifestants à Paris

Chronique du 11 octobre

Le 9 octobre, pour la première fois depuis la rentrée, afin de protester contre la "destruction du modèle social" du gouvernement. La CGT, FO, Solidaires, l’UNEF, la FIDL et l’UNL sont derrière cet appel interprofessionnel, lancé fin août. Le Monde fait le bilan.

Entre 11 500, chiffres de la préfecture et 50 000 manifestants selon la CGT, plus probablement 21 500 chiffres du cabinet Occurrence, évalués pour un collectif de médias, dont Le Monde) ont manifesté, ce jour-là, à Paris, dans le cadre de la journée de mobilisation interprofessionnelle à l’appel de six syndicats. Il y a trois mois, la précédente manifestation parisienne, à l’initiative également de la CGT et FO, avait attiré 15 000 personnes, selon les syndicats, 2 900 selon la police.

Pour ces organisations, "cette politique, ainsi que les mesures encore récemment annoncées par le gouvernement, relève d’une logique d’individualisation mettant à mal la solidarité et la justice sociale", "fragilisant une fois de plus les plus faibles, les précaires et les plus démunis".

Contrairement aux fois précédentes, il n’y avait pas ce jour-là de perturbations dans les transports en commun, côté SNCF et RATP, à l’exception de Nice, où les transports en commun étaient à l’arrêt.

Prudence sur l’ampleur du mouvement. À Paris, le défilé s’est ébranlé dans l’après-midi, avec côte à côte Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, et Pascal Pavageau, son homologue de FO.

M. Martinez avait prévenu que le "succès" de la manifestation "ne se résumera pas au nombre de manifestants". Même prudence à FO, Pascal Pavageau n’attendant "rien du tout en termes de nombre", mais "un mouvement significatif".

Toutefois, les centrales espèrent d’autres mobilisations, afin de peser sur les négociations ou réformes sociales en préparation, comme celles des retraites ou de l’assurance-chômage.

Les jeunes (FIDL, UNL, UNEF) battent aussi le pavé pour protester contre le fait que des lycéens "soient laissés sur le banc de touche à cause de la sélection Parcoursup", se retrouvant "sans solution d’inscription".

Cette date du 9 octobre avait préalablement été choisie par des organisations de retraités pour dénoncer la revalorisation de leurs pensions, jugée trop faible, une mesure qui touchera des personnes déjà mises à contribution l’année dernière avec l’augmentation de la CSG.

Des syndicats divisés. Lors d’une manifestation contre la politique du gouvernement, le 22 mars à Bordeaux.
En région les cortèges syndicaux ont rassemblé, selon la police, 5 400 personnes à Nantes, 5 300 à Marseille, 4 300 à Lyon, 3 500 au Havre, entre 2 500 et 3 000 à Rennes, 2 500 à Grenoble, 2 100 à Caen, 1 800 à Montpellier, 1 500 à Nice ou 1 200 à Perpignan. Près d’une centaine de manifestations étaient organisées partout en France.

De nouveau, les syndicats montrent leur division, la FSU, traditionnelle alliée de la CGT, n’appelant pas à manifester au niveau national, pas plus que la CFDT, la CFE-CGC ou la CFTC.

"Le côté “on se réunit fin août et on fait une mobilisation [en] octobre contre la politique du gouvernement”, ce n’est pas notre conception de l’utilité du syndicalisme et de son efficacité", a taclé début septembre Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

La division s’explique aussi par les élections professionnelles de la fin de l’année dans la fonction publique, où la CFDT espère ravir la première place à la CGT, un exploit déjà atteint dans le privé en 2017.

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