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chasseigne et laurentPCF : la direction du parti mise en minorité

Chronique du 8 octobre

La préparation du congrès du Parti communiste a donné lieur le 6 octobre à un choc historique que Sophie de Ravinel rapporte dans Le Figaro en ligne :

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a été désavoué lors d'un vote interne réservé aux adhérents en vue du congrès extraordinaire de la fin novembre. Un événement inédit chez les communistes.

Un coup de marteau. Jamais, dans l'histoire bientôt centenaire du Parti communiste français, une direction n'a été mise à terre. Samedi pourtant, à l'issue de votes internes en vue du congrès extraordinaire de la fin novembre, le texte porté par l'actuel secrétaire national Pierre Laurent - la "base commune" -, non seulement n'a pas obtenu la majorité absolue, mais est arrivé derrière un texte alternatif porté entre autres par le député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne. Ce texte alternatif a obtenu 42 % contre la "base commune" arrivée avec 4 points de retard (38 %).

"J'en prends acte. Je respecte les choix des communistes. Je note que les résultats sont très partagés", a réagi Pierre Laurent à l'annonce des résultats.

Ce revers cuisant pour la direction est un nouvel affaiblissement pour l'ensemble du parti. Il couvait depuis longtemps mais les tensions se sont aggravées à la suite des mauvais résultats aux dernières législatives (2,72 %). Le désaveu, envisagé depuis quelques semaines, pourrait faire tomber Pierre Laurent qui - jusqu'ici - se représente à l'issue du congrès. Le troisième texte, favorable à un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, est arrivé loin derrière (12 %), contrairement aux prévisions. Les adhérents PCF tentés par ce texte pourraient avoir décidé de se reporter sur la base commune pour tenter de la sauver.

De vives tensions en interne. Avec la victoire du "manifeste du Parti communiste du XXIe siècle" porté par Chassaigne, c'est une ligne dure qui s'impose au parti, passant par une réaffirmation claire de son identité. Certes, d'ici au congrès extraordinaire qui se déroulera à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) du 23 au 25 novembre, les responsables deux courants du PCF vont travailler ensemble pour ne présenter qu'un seul texte aux délégués. Et les communistes, jusqu'ici réfractaires à la structuration par courants, pourraient s'entendre. En réunion dès ce lundi, le comité exécutif - l'ancien bureau politique, constitué de quelque 35 personnes - va commencer le travail de récolement. Il se poursuivra le week-end suivant lors du Conseil national du parti - son Parlement - puis dans les semaines suivantes. Mais les tensions vives entre les uns et les autres ne vont pas rendre cette tâche facile. Lors des journées parlementaires communistes, qui se sont déroulées les 20 et 21 septembre au Tréport (Seine-Maritime), "l'ambiance était on ne peut plus tendue, tout le monde s'engueulait à table", raconte un participant.

"Il va falloir rapprocher les deux textes arrivés en tête", estime Aymeric Seassau, à la tête de la fédération de Loire-Atantique où le Manifeste est arrivé très en tête. "Il y a des ponts et des intentions comparables... Chacun a conscience que le PCF est un outil précieux et je pense que tout le monde aura à cœur de préserver le parti." Mais pour lui l'autre information politique à tirer du vote, c'est que "le texte favorable à un partenariat privilégié avec La France Insoumise a été très nettement battu".

Une candidature de Fabien Roussel ? Au PCF, certains considèrent que le député du Nord Fabien Roussel, successeur d'Alain Bocquet et journaliste comme Pierre Laurent, pourrait briguer le poste de secrétaire national. Personnalité avenante et habile politiquement, Roussel, âgé de 49 ans, incarne la ligne dure, très présente dans le Nord, qui vient de l'emporter.

Au sein de la gauche radicale, les réactions ne se sont pas fait attendre. Pour la députée du groupe des Insoumis Clémentine Autain, "c'est un repli identitaire sur le parti, net, clair et franc". "Pierre Laurent avait une ligne opportuniste qui partait un zigzag. Il n'avait pas de fil à plomb et sa priorité, c'était de sauver l'appareil de son parti", estime de son côté le député Insoumis Éric Coquerel.

Source : Le Figaro en ligne le 6 octobre

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