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défilé nord-coréenCorée du Nord  : l'enjeu du défilé militaire

Chronique du 10 septembre

La Corée du Nord a organisé le 9 septembre le défilé militaire annoncé. Mais le régime n'a pas présenté ses missiles balistiques intercontinentaux, en cette période historique de détente apparente de ses relations internationales.

Des milliers de soldats, des armes et des chars, mais pas de missiles balistiques intercontinentaux. Pyongyang a organisé un défilé militaire ce 9 septembre pour célébrer le 70e anniversaire de la Corée du Nord, et le régime a évité de présenter ces armes qui lui ont valu de multiples sanctions internationales, dans une période de détente historique.

Trop montrer ses muscles aurait pu mettre en danger les efforts diplomatiques réalisés ces derniers mois, qui ont abouti à la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un en juin dernier à Singapour. Le dictateur nord-coréen a témoigné de sa proximité avec la Chine, levant la main de l'émissaire envoyé par le président Xi Jinping au moment où ils saluaient la foule après la parade.

Les forces armées nord-coréennes ont défilé place Kim Il-sung, après avoir tiré 21 coups de canon. Dans les airs elles ont déployé un ballet aérien. Des milliers de civils ont paradé après le défilé militaire, accompagnés de chars appelant notamment à la réunification de la péninsule.

Est-ce à l'occasion des 70 ans de la "République populaire et démocratique de Corée", nom officiel du régime proclamé le 9 septembre 1948, trois ans après la division de la péninsule, que Gérard Depardieu s’est rendu sur les terres de Kim Jong-un ? La question intrigue les journalistes.

Les raisons de sa venue à l’Hôtel international Yanggakdo, principal établissement pour touristes de la capitale nord-coréenne restent pour le moment un mystère. Visiblement contrarié d’avoir été reconnu, il n’a en effet pas souhaité répondre aux questions des journalistes. Gérard Depardieu, qui réside en Russie, était en compagnie de l'écrivain Yann Moix avec qui il semblait avoir rendez-vous.

Deux jours plus tard, il a assisté au défilé militaire pour les 70 ans du régime communiste, assis en tribune avec des lunettes de soleil et un chapeau et chemise blanche.

De nombreuses invitations à la parade militaire avaient été envoyées par le régime. Mais le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz aura été le seul dirigeant à avoir fait le déplacement. Plus de 120 journalistes ont été autorisés à entrer dans le pays pour couvrir l'événement.

Principal allié de Pyongyang, le gouvernement de Pékin avait envoyé un émissaire en la personne de Li Zhan-shu, un des sept membres permanent du Politbureau du Parti communiste chinois et président, depuis mars 2018, de la chambre d'enregistremnt appelée Assemblée nationale populaire.

Pour l'occasion, Vladimir Poutine a envoyé un télégramme de félicitations au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, se déclarant convaincu notamment que les deux pays continueraient à développer leur coopération dans divers domaines. Le Président russe a félicité le dirigeant et le peuple nord-coréen :

"Veuillez accepter mes sincères félicitations à l'occasion du 70e anniversaire de la fondation de la Corée du Nord. Je suis heureux de souligner le caractère amical des relations existant entre la Fédération de Russie et la Corée du Nord", a-t-il déclaré, cité par l'agence KCNA.

Dans son télégramme, le président russe a également exprimé sa confiance dans le fait que Moscou et Pyongyang assureraient conjointement un "renforcement du dialogue bilatéral et une coopération constructive dans divers domaines". "Face à Pyongyang, théorise le site russe Sputniknews, Moscou préfère la diplomatie." On lit ainsi dans le télégramme de Vladimir Poutine que ce dialogue "répond pleinement aux intérêts des peuples de nos États, va dans le sens du renforcement de la stabilité et de la sécurité dans la péninsule coréenne et dans l'ensemble de l'Asie du Nord-Est".

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