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agents du fsb recherchés dans l'affaire SkripalAffaire Skripal : la Russie en accusation

Chronique du 7 septembre

Les États-Unis, la France, l'Allemagne et le Canada se sont accordés avec les Royaume-Uni pour déclarer que le gouvernement russe avait "quasi-certainement" approuvé l'empoisonnement de l'ancien espion Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury, dans le sud de l'Angleterre.

Le 6 septembre à New York, lors d'une réunion glaciale du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie a nié en bloc :

"C'est nous qui appelons Londres à collaborer. Ce n'est pas Londres qui nous appelle à collaborer. Et Londres refuse cette collaboration", a prétendu l'ambassadeur russe au Conseil de sécurité de l'ONU, Vassily Nebenzia. "Londres a besoin de cette affaire pour un seul objectif : Déclencher une hystérie anti-russe répugnante et rallier d'autres pays à sa cause", a-t-il poursuivi.

"Je l'ai déjà dit devant cette assemblée, mais je le répète : vous ne faites pas appel à un incendiaire pour éteindre un feu. Vous le faites encore moins quand c'est lui qui a mis le feu", a répondu l'ambassadrice britannique Karen Pierce.

Une déclaration commune a été publiée par la diplomatie française à l'ONU

Un mandat d'arrêt européen a été émis contre les citoyens russes Alexander Petrov et Ruslan Bochirov. Pour Londres et les alliés il ne fait aucun doute : les deux suspects sont des agents du renseignement russe, envoyés pour assassiner l'ancien agent-double.

Le 3 mars dernier, d'après la police londonienne, ils auraient "contaminé la porte d'entrée" de Sergueï Skripal, en l'aspergeant de Novitchok, un agent innervant, avant de fuir l'Angleterre dans la foulée.

Déclaration commune entre les dirigeants français, allemand, américain, canadien et britannique
Publié le 6 Septembre 2018

Palais de l’Élysée – Jeudi 6 septembre 2018

Nous, chefs d’État et de gouvernement de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, exprimons à nouveau notre consternation au sujet de l’utilisation d’un agent chimique neurotoxique, connu sous l’appellation de Novitchok, le 4 mars dernier à Salisbury. Nous accueillons avec satisfaction les progrès accomplis dans l’enquête au sujet de l’empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal et prenons acte des poursuites pour tentative d’homicide engagées hier à l’encontre de deux suspects. Nous saluons le travail de la police britannique et de toutes les personnes impliquées dans cette enquête.

Nous prenons également note des analyses britanniques, recoupées de manière indépendante par l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, selon lesquelles le même agent chimique neurotoxique aurait été employé pour empoisonner Dawn Sturgess et Charles Rowley, ainsi que les Skripal. Nous appelons instamment la Russie à fournir à l’OIAC toutes les informations concernant son programme relatif au Novitchok.

Nous encourageons également les personnes disposant d’éléments concernant l’attaque de Salisbury du 4 mars, ainsi que l’empoisonnement ayant eu lieu ensuite à Amesbury, à prendre contact avec les autorités britanniques.

Nous avons une totale confiance dans l’analyse britannique selon laquelle les deux suspects étaient des officiers du service de renseignement militaire russe, également connu sous le sigle GRU, et que cette opération avait très certainement été approuvée à un niveau élevé de décision gouvernementale. Nous avons déjà pris des mesures pour entraver les activités du GRU, avec l’expulsion collective la plus importante jamais réalisée d’agents de renseignement non déclarés. L’annonce faite hier renforce encore notre volonté de continuer à endiguer ensemble les activités hostiles des réseaux de renseignement étrangers sur nos territoires, de faire respecter l’interdiction des armes chimiques, de protéger nos concitoyens et de nous défendre contre toute forme d’activités étatiques malveillantes dirigées contre nous et nos sociétés.

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