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combattants islamistes dans le sahelSahel : le Niger dans la lutte contre le djihadisme

Chronique du 6 septembre

C'est un reportage que Euronews  a consacré au Niger, au cœur de la lutte contre le djihadisme. Depuis que la menace terroriste s'est déplacée du Moyen-Orient vers l'Afrique, les forces spéciales du Sahel reçoivent en effet un entraînement spécial, soutenu par les militaires occidentaux. L'objectif : réduire, voire détruire autant que possible, les djihadistes dans leurs propres refuges au sein du désert.

En octobre 2017, quatre membres des forces spéciales américaines ont perdu la vie dans une embuscade aux abords de la frontière malienne. Car, jusqu'à présent, le Mali est sans doute le pays qui a le plus souffert de la guerre civile libyenne.

"Tous mes partenaires africains vous le diront : la chute de la Libye a vraiment contribué à accroître l'instabilité dans la région. Le flux d'armes et les milices armées ont perturbé tout le nord du Mali et continuent à nourrir les terroristes à travers le Sahel", explique le Major General J. Marcus Hiks.

Le carrefour des terrorismes. Le Niger apparaît comme le carrefour reliant le djihadisme et les différents groupes terroristes de divers horizons, tels que Boko Haram au Nigeria, Al Shabav en provenance d'Afrique de l'Est et le groupe Etat islamique venus de leur fiefs libyens.

Dans le pays, les Occidentaux sont de plus en plus présents, les Etats-Unis en tête, avec la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore l'Italie. Tous travaillent sur le terrain avec les gouvernements régionaux comme ceux du Nigeria et du Tchad.

D'après les forces spéciales sur place, les réfugiés qui cherchent à ralier l'Europe sont des cibles idéales pour les djihadistes...

"Les groupes extrémistes traditionnels utilisent ces réseaux d’immigrants parce que les immigrés sont des personnes très vulnérables, faciles à recruter. Les djihadistes en profitent pour s’infiltrer d’un pays à un autre à travers le passage des migrants", souligne le colonel Razak Ibrahim.

Sécuriser les frontières de la Libye. Le gouvernement nigérien et ses alliés occidentaux cherchent également à sceller les frontières libyennes, à l'endroit où se croisent bien souvent les terroristes et les trafiquants d'êtres humains.

"Toute l’économie criminelle nourrit le terrorisme, ceux qui prennent les immigrés pour les amener en Libye, très souvent ils reviennent avec les armes. C’est aussi les mêmes qui vont avec la drogue", analyse le ministre de la Défense Kalla Moutari.

La lutte contre le terrorisme passe également par un renforcement de la législation locale. D'après Sam Pineda, du département d'Etat américain, il est fondamental que la lutte se fasse d'abord en interne :

"Par exemple, lorsque les forces de sécurité arrêtent des individus aux frontières du pays, il est important qu'ils puissent les transmettre aux institutions civiles. Qu'ils mènent leurs enquêtes et que les personnes arrêtées soient jugées ici, au Niger."

Depuis la chute de la Libye en 2012, la ville d'Agadez, au nord du pays, est devenu un emplacement stratégique pour tous les trafics illégaux.

L'US Air Force est en train de constuire une base à cet endroit, afin d'accueillir des avions de transport tactique, mais aussi des gros-porteurs et des drones. La base aérienne, qui sera officiellement nigérienne, devrait être opérationnelle au début de l'année prochaine.

D'après un accord entre Washington et Niamey, en plus de leur mission de reconnaissance, les drones pourraient transporter des armes en cas de besoin.

Nouer la confiance avec la population civile. Une partie de la population civile reste hostile à la présence de ces troupes armées étrangères, craignant que le Niger ne devienne un nouvel Afghanistan en Afrique.

"Ils font des opérations, ils ont des drones, ils ont des avions qui interviennent, ils ont des militaires qui sont au sol qui interviennent également. Tant que la volonté de la population n’y est pas de ce côté, eh bien il peut toujours avoir des forces étrangères je pense que l’efficacité ne sera pas là, parce que en amont on n’a pas créé la confiance au sein de la population", explique Kaka Touda, un activiste de la société civile.

L'Union européenne est elle aussi très impliquée au Niger, le terrorisme islamiste touchant de plein fouet les pays au delà de la Méditerranée. L'une des clés de l'insécurité européenne se trouve donc à plus de 6 000 kilomètres de Bruxelles. C'est ce qu'explique Raul Mateus Paula, le chef de la délégation de l'Union Européenne au Niger : "La sécurité de l’Europe se joue ici, c’est très important parce que vous voyez bien que l’Europe a été menacée par du terrorisme, par des attaques, par des trafics, par le trafic des êtres humains."

A son insu, le Sahel est devenu le nouveau terrain sur lequel rebâtir l'alliance transatlantique.

La sécurité de la région, comme celle de L'Europe, dépend en partie du succès de l'opération militaire. Mais la population nigérienne réclame surtout du travail et un véritable progrès économique et social.

À l'Union européenne et aux États-Unis de montrer que la sécurité et le développement sont compatibles.

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