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maduroVenezuela : une menace sanitaire pour ses voisins

Chronique du 30 août

Une dépêche Reuters diffusée le 29 août confirme une fois encore combien la réalité du régime Maduro évolue de pire en pire. Déjà le 21 août Les Échos nous rappelaient en effet la chute, l'effondrement inouï de la révolution bolivarienne à Caracas sur le simple terrain de sa monnaie. Six millions de bolivares pour un dollar, titrait ainsi le journal économique : "La révolution chaviste, y est-il souligné, poursuit son glorieux chemin au Venezuela où le Bolivar vient d'être dévalué de 95 %. Il faut désormais 6 millions de bolivares pour acheter un dollar."

Aujourd'hui, c'est sur le terrain sanitaire que ce régime pose question. On a souvent entendu répéter que la révolution communiste et le régime castriste à Cuba ont réussi sur dans le domaine de la santé publique et l'on sait que La Havane apporte une aide médicale supposée considérable et efficace à ses frères vénézuéliens.

Mais le 28 août, les autorités péruviennes étaient amenées à décréter l’état d’urgence sanitaire à la frontière nord du pays, face à la poursuite de l’afflux de Vénézuéliens qui fuient la crise économique dans leur pays.

Dans un décret publié, en effet, au Journal officiel, le président péruvien, Martin Vizcarra, a proclamé l’état d’urgence sanitaire pour une durée de 60 jours dans deux provinces à la frontière nord du Pérou. Il invoque un "danger imminent" pour la santé et pour la situation sanitaire du fait de l’exode des Vénézuéliens.

Les services de santé péruviens ont déjà dit craindre la propagation de maladies comme la rougeole et le paludisme, en raison de l’afflux de migrants, qui dans beaucoup de cas n’ont pas eu accès à des soins de base dans leur pays.

Cette semaine, les Nations unies ont estimé qu’en raison de l’exode des Vénézuéliens vers d’autres pays latino-américains, la région s’acheminait vers une situation de crise comparable à celle des réfugiés traversant la Méditerranée à destination de l’Europe.

Le Brésil a, lui, mobilisé des troupes pour maintenir l’ordre. Au Brésil, le président Michel Temer a signé le 28 août un décret pour déployer les forces armées dans l’État de Roraima, à la frontière avec le Venezuela, afin de contribuer au maintien de l’ordre dans la région et à la sécurité des immigrés vénézuéliens. M. Temer a ajouté que la situation était "tragique" et "menaçait l'harmonie de quasiment tout le continent". Il a déclaré agir "afin de garantir la sécurité des citoyens brésiliens mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays". Il a appelé "la communauté internationale à adopter des mesures diplomatiques" contre l'exode de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique sous l'administration du président Nicolas Maduro.
 
Le chef de l'Etat n'a pas précisé combien d'hommes étaient concernés par ce décret. Celui-ci a été pris une dizaine de jours après une explosion de colère contre les migrants dans la localité frontalière de Pacaraima, où une foule d'habitants a chassé des centaines de Vénézuéliens et brûlé leurs biens.
 

Des responsables des services de l’immigration du Pérou, de la Colombie et du Brésil tiennent réunion pour deux jours dans la capitale colombienne, Bogota, afin de débattre des moyens de faire face à l’exode en cours.

Près d’un million de Vénézuéliens se trouvent actuellement en Colombie et plus de 400 000 autres au Pérou, ont déclaré mardi ces deux pays lors de la réunion de Bogota. Sur les 400 000, seuls 178 000 disposent d’une autorisation de séjour au Pérou ou sont en train d’en obtenir une.

Le Venezuela a annoncé avoir rapatrié 89 citoyens qui avaient émigré au Pérou mais ont souhaité rentrer après avoir subi des "traitements cruels". Le président vénézuélien Nicolas Maduro a prévenu les migrants qu’ils affronteraient des conditions difficiles à l’étranger et les a invités à rentrer au pays.

"Ils ont écouté les sirènes de l’étranger (...) et tout ce qu’ils ont trouvé à Lima est le racisme, le dédain, et la persécution", a-t-il estimé lors d’une conférence de presse.

Oscar Perez, un militant qui travaille auprès des migrants vénézuéliens au Pérou, a estimé que l’annonce de ces rapatriements était un coup publicitaire de la part de Caracas. Un représentant du ministère péruvien des Affaires étrangères n’a pas souhaité faire de commentaire.

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