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Emmerson Mnangagwa à PékinZimbabwe : la mainmise chinoise se renforce

Chronique du 7 août 2018

Ce 30 juillet à Harare se déroulait le premier scrutin depuis le départ du "socialiste africain" Robert Mugabe en novembre. Des manifestants dénonçaient des fraudes lors de ces élections générales et l'armée a ouvert le feu sur les partisans de l'opposition. Au moins trois personnes ont été tuées lors de manifestations postélectorales, le 1er août.

Des chars et des camions transportant des militaires circulaient dans les rues de la capitale à proximité des bureaux où est réunie la commission électorale.

Le Zanu-PF au pouvoir depuis 1980 Les partisans de l’opposition sont descendus par centaines dans la rue dans la capitale zimbabwéenne après L'annonce officielle de la victoire aux législatives du parti Zanu-PF, d'origine marxiste léniniste, au pouvoir depuis 1980. La police et l’armée sont intervenues pour les disperser.

Le 1er août, le chef de l’État Emmerson Mnangagwa, candidat à la présidentielle, appelait sans surprise à la "paix".

Son prédécesseur Robert Mugabe, âgé de 94 ans avait dû quitter la présidence en novembre 2017 après près de quatre décennies, exactement 37 ans, au pouvoir.

Le Zanu-PF au pouvoir a officiellement remporté la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale, mais l’opposition accuse la commission électorale de fraudes. Et les observateurs de l’Union européenne ont dénoncé dans un communiqué "l’inégalité des chances" entre les candidats aux élections générales au Zimbabwe et des "intimidations d’électeurs".

Emmerson Mnangagwa, chef des services de renseignement porté à la tête de l'État a cependant obtenu l'aval de la mission de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Celle-ci a, d’ores et déjà salué "l’environnement pacifique" qui a prévalu pendant la campagne et le jour du vote et "donné au peuple zimbabwéen la possibilité d’exercer son droit constitutionnel". Dans le cas où les résultats seraient contestés, la SADC a "exhorté" les candidats "à s’abstenir de toute forme de violence".

La Commission électorale, critiquée pour sa partialité pendant les scrutins de l’ère Mugabe, "cherche à publier des résultats pour gagner du temps et inverser la victoire du peuple à l’élection présidentielle", a affirmé Nelson Chamisa porte-parole de l'opposition. Ainsi cette Commission électorale (ZEC) s'est empressée de publier les premiers résultats partiels des législatives. Sur 153 des 210 circonscriptions du pays, "la Zanu-PF [Zimbabwe African National Union-Patriotic Front] obtient 110 sièges, tandis que le MDC [Movement for Democratic Change] obtient 41 sièges". Selon ces chiffres, la Zanu-PF obtenait donc la majorité absolue à la chambre basse et pourra persister dans la gestion désastreuse d'un pays, autrefois prospère, aujourd'hui ruiné au point qu'il ne peut même plus émettre de monnaie.

En 2009, le dollar du Zimbabwe, devise officielle depuis 1980, était considéré comme la plus faible monnaie frappée au monde, en raison de la politique économique désastreuse de Mugabe. Le dollar zimbabwéen était alors plus faible que l'afghani. L'année précédente avait été émis un nouveau billet de cent milliards de dollars. Aussi, en avril 2009, le gouvernement d'Harare avait-il décide d'abandonner, initialement pour au moins un an, le dollar zimbabwéen au profit des monnaies étrangères. À partir de 2014, Harare a décidé de frapper des pièces en dollars américains … valables seulement au Zimbabwe. Puis en décembre 2015, le Zimbabwe adoptait le yuan chinois comme monnaie nationale. au lendemain de la démission de Robert Mugabe, le dictateur communiste chinois xi Jin-ping rendait logiquement hommage à son "ami", doyen des chefs d’État de la planète. La Chine promettait de poursuivre sa coopération avec ce pays, désormais tête de pont de sa pénétration en Afrique.

En avril dernier, pour sa première visite d’État hors du continent africain, Emmerson Mnangagwa rencontrait à Pékin son protecteur chinois. Tout va donc pour le mieux…

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