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Colombie : Timochenko demande à être pardonné

Chronique du 17 juillet 2018

Londoño alias Timochenko ancien chef des FarcLors du premier procès  des chefs guérilléros qui s'est ouvert le 13 juillet à Bogota, Rodrigo Londoño alias Timochenko chef des Farc a déclaré qu'il ferait l'impossible pour que les familles des victimes sachent exactement ce qui s'est passé lors des enlèvements. Il a demandé "pardon" aux victimes des enlèvements de la guérilla marxiste,  prévu par l'accord de paix de 2016.

"Nous demandons pardon à toutes [les victimes], nous ferons l'impossible pour qu'elles puissent connaître la vérité sur ce qui s'est passé, nous assumerons la responsabilité qui nous incombe", a déclaré le chef des Farc, à l'issue de cette première journée du procès à Bogotá des responsables des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

À la suite de l'accord de paix conclu avec le gouvernement en 2016 à La Havane, les Farc se sont depuis converties l'an dernier en parti politique, gardant le même acronyme. Les ex-guérilléros, qui se sont engagés à rendre des comptes sur leurs crimes et à dédommager leurs victimes, sont poursuivis pour 6 162 cas d'enlèvements, commis entre 1993 et 2012, parmi lesquels celui de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, séquestrée durant six ans jusqu'à sa libération par l'armée le 2 juillet 2008.

Les Farc, nouveau parti politique La justice a convoqué 31 anciens chefs guérilléros, sous l'inculpation de "détention illégale de personnes". Seuls Timochenko, nom de guerre de Londono, et Pablo Catatumbo et Carlos Lozada, deux autres ex-dirigeants des Farc, se sont présentés au procès, les autres accusés ayant envoyé leurs avocats. Ils vivent tous en liberté, sauf Jesús Santrich, un autre ex-dirigeant détenu par les États-Unis pour trafic de drogue, qui s'est exprimé par vidéoconférence depuis sa prison.

S'ils respectent l'accord signé avec le gouvernement colombien et abandonnent toute violence, les anciens membres de la guérilla, devenue parti politique, purgeront des peines plus courtes, allant de cinq à huit ans d'incarcération dans un lieu alternatif à la prison. "Je suis ici à votre disposition, profondément ému de voir la manière dont se concrétise le rêve que nous avons bâti à La Havane", où l'accord qui a mis fin à plus de 50 ans de conflit a été conclu, a déclaré Timochenko.

Près de 7 000 guérilléros ont depuis déposé les armes et le parti nouvellement créé, la Force alternative révolutionnaire commune, qui a essuyé un échec retentissant disposera néanmoins, grâce à son accord avec Santos, de 10 députés au Parlement à partir du 20 juillet. Cet "accord de paix" divise toutefois encore profondément la Colombie, qu'il prétend réconcilier. Il a d'abord été désavoué par référendum puis lors de l'élection présidenteille qui s'est traduite par la victoire du centre droit seul parti ayant osé préférer les victimes à leurs bourreaux.

Les victimes exigent d'abord la vérité concernant les enlèvements de leurs proches et le sort qui leur a été réservé, avant toute clémence de la justice.

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