logo ihs

Nicaragua: Ortega rejette la demande d'élections

Chronique du 13 juillet 2018

Le président du nicaragua Daniel OrtegaLe nombre des morts s'accumule de jour en jour, la violence monte mais la président du Nicaragua, Daniel Ortega reste imperturbable. Il a désormais exclu d'avancer la date des élections comme le réclament ses opposants, qu'il a qualifiés publiquement de "groupe de putschistes" lors d'un rassemblement de ses partisans à Managua.

"Ici, les règles sont établies par la Constitution", et "on ne peut pas changer les règles du jour au lendemain simplement parce que l'idée en est venue à un groupe de putschistes", a déclaré Ortega au cours de cette manifestation de soutien de plusieurs milliers de ses partisans.

C'était la première fois depuis le 30 mai que le président Ortega, confronté depuis le 18 avril à une vague de manifestations au cours desquelles plus de 230 personnes ont été tuées, apparaissait en public.

Si "les putschistes", a poursuivi Ortega, "veulent arriver au pouvoir, qu'ils cherchent à obtenir les voix du peuple (...) Nous verrons alors si le peuple donnera son vote aux putschistes qui ont causé tant de destructions ces dernières semaines. Il y aura le temps pour les élections. Chaque chose en son temps", a déclaré le président nicaraguayen.

"Putschistes", "vandales", "délinquants" - Et Ortega a poursuivi ses attaques contre ses opposants et contre les manifestants qui réclament son départ, qu'il a qualifiés de "vandales" et de "bande de délinquants". "Ceux qui sèment la zizanie sèment des tactiques terroristes pour assassiner leurs frères nicaraguayens", a-t-il lancé.

Ortega s'adressait à la foule de ses partisans depuis une estrade sur laquelle se trouvait aussi son épouse Rosario Murillo, surnommée la Sorcière, qu'il a fait nommer vice-présidente, devant un monument à la mémoire du défunt président vénézuélien Hugo Chavez, qui fut le mentor politique d'Ortega.

L'opposition accuse M. Ortega et son épouse de diriger le Nicaragua comme une dictature marquée par la corruption et le népotisme.

L'Alliance civique pour la démocratie et la justice, coalition de l'opposition qui inclut des secteurs de la société civile, annoncait de nouvelles une manifestations et une grève générale. Elle réclame des élections anticipées ou le départ d'Ortega.

L'ancien guérillero sandiniste âgé de 72 ans, est au pouvoir depuis 2007 après un premier mandat de 1979 à 1990. L'actuel mandat présidentiel  s'achève en principe en janvier 2022. Le 7 juillet ses partisans défilaient à Managua. "A bas les comploteurs", "Pas un pas en arrière!", "Reste, mon commandant, reste!", "Nous voulons la paix", ont scandé les manifestants pro-Ortega, qui brandissaient des drapeaux aux couleurs du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), le parti au pouvoir.
Des marches de soutien au pouvoir ont aussi eu lieu dans d'autres villes du Nicaragua.

De façon significative la marche de Managua, partait de la Plaza de las Victorias pour arriver au rond-point Hugo Chavez.

 

Recevoir nos mises à jour →   Revenir au fil de nos chroniques

Tweet