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Nicaragua : chaque jour la répression tue

Chronique du 28 juin 2018

>manifestation d'opposants à la dictature marxiste du NicaraguaAu moins huit personnes, dont un enfant de 15 mois, ont été tuées dans des opérations samedi des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires contre les opposants au président Daniel Ortega.

Un enfant de 15 mois parmi les victimes. Au moins huit personnes, sept à Managua et une dans la ville rebelle de Masaya, au sud de la capitale, ont été tuées dans des opérations samedi des forces de l'ordre et des groupes paramilitaires au Nicaragua, marquant un regain de la répression contre les opposants au président nicaraguayen, Daniel Ortega.

Ces chiffres ont été communiqués à l'AFP par le Centre nicaraguayen des droits de l'Homme (CENIDH). Le bilan de la vague de contestation lancée le 18 avril pour exiger le départ du président Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, dépasse les 200 morts. "L'action répressive de l'État a fait au moins 212 morts au 19 juin et 1 337 blessés", avait comptabilisé vendredi la Commission interaméricaine des droits de l'homme.

Dans la nuit de vendredi à samedi, et huit heures durant, les forces de l'ordre et groupes paramilitaires ont lancé une attaque contre des étudiants retranchés dans les locaux de l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), au sud-ouest de Managua, ainsi que dans six quartiers de l'est de la capitale. Selon le CENIDH, deux des morts avaient été tués dans la zone de l'université UNAN. Quinze étudiants ont été blessés. Plusieurs autres décès, y compris l'enfant mortellement touché par une balle perdue, ont été recensés dans d'autres quartiers. "La police a tiré. Je l'ai vu : c'étaient des policiers et ils ont commencé à tirer (...) J'attends que justice soit faite", a affirmé à l'AFP la mère de l'enfant.

La police a imputé la responsabilité de ce décès aux "délinquants" qui occupent les quartiers.

La Conférence épiscopale du Nicaragua (CEN), qui œuvre depuis le début de la crise pour maintenir un dialogue entre le gouvernement et ses opposants, a mobilisé une délégation de quatre prêtres pour évaluer la situation. "Au nom de Dieu, nous demandons que cessent ces attaques, que cesse cette vague de violence, que cessent les morts", a déclaré le père Raùl Zamora depuis l'université. Le cardinal Leopoldo Brenes, archevêque de Managua et président de la CEN, a appelé le gouvernement et les groupes armés légaux et illégaux à ne plus ouvrir le feu. L'Église enjoint le président Ortega à organiser des élections générales anticipées en mars 2019, au lieu de fin 2021.

L'ex-guérillero de 72 ans, au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990, reste muet sur ce point.

Source :  AFP

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