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Ultra-gauche : encore les casseurs black blocs

Chronique du 24 mai 2018

Les Black blocs le 22 maiLe 22 mai, les syndicats de la fonction publique avaient appelé à une grève unitaire à Paris et partout en France. Au total, ce sont 130 manifestations qui avaient été annoncées et organisées dans tout le pays. C’est dans la capitale que les fonctionnaires grévistes ont été le plus nombreux à défiler dans la rue.

Les évaluations cabinet "Occurrence" font désormais autorité en matière de nombre de manifestants. Ce cabinet indépendant a recensé ce jour-là 16 400 fonctionnaires grévistes dans le défilé parisien, de la place de la République à celle de la Nation.

Cette manifestation était conçue pour être bon enfant. Hélas elle a dérapé lorsque des casseurs se sont infiltrés dans le défilé. Et comme trois semaines auparavant lors du défilé du 1er mai, on a assisté à des scènes de violences, à des saccages et à des affrontements avec les forces de l’ordre.

Quelques centaines de "black blocs" se sont massées en tête du cortège. Ils étaient comme d'habitude parfaitement identifiables par leur tenue de combat, des vêtements noirs, des cagoules ou des casques sur la tête. – comme étant des casseurs patentés venus pour en découdre.

Certains commerces et autres agences bancaires avaient pris des dispositions de protection de leurs établissements, c'est-à-dire de leur outil de travail. Mais les plaques de métal déposées sur les distributeurs de billets ou sur les vitrines n'ont pas empêché la furie destructrice de ces "black blocs", dont les sympathisants de l'ultra gauche cherchent à nous convaincre qu'ils ne sont pas des blacks blocs.

Rappelons que le phénomène est international et qu'il date de bientôt 20 ans. Son apparition médiatique date du sommet de l’Organisation Mondiale du Commerce à Seattle le 30 novembre 1999. Les 16 et 17 avril 2000, un groupe d’environ mille personnes se livra à des violences similaires à Washington contre la réunion dans la capitale des États-Unis de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Désormais il s'est constamment répété dans le cadre des contre-sommets altermondialistes dirigés contre les réunions du FMI, de l’OMC et autres institutions supposées représentatives du Capitalisme.

À Paris le 22 mai, outre plusieurs dégradations importantes de mobiliers urbains (abribus, panneaux publicitaires fracassés, enseignes et vitrines brisées, tags…), des commerces ont une fois de plus été pris pour cible notamment un restaurant fast-food McDonald’s situé boulevard Diderot, proche de la place de la Nation. D’où intervention – cette fois plus rapide que lors des "débordements" du 1er mai – des forces de l’ordre.

La suite du scénario est devenue classique : face à un groupe de quelque 200 individus cagoulés et violents leur lançant des projectiles de toutes sortes, les policiers ont répliqué en faisant usage de canons à eau et de gaz lacrymogène.

Bilan de cet aspect de cette manifestation du 22 mai : 8 blessés dont deux gardiens de la paix. Au total, 24 personnes ont été interpellées pour "participation à un groupement violent", a indiqué la préfecture de police.

Or, à la fin de cette manifestation des fonctionnaires, qui avait déjà dégénéré en violences, plusieurs dizaines de personnes ont tenté d’occuper le lycée Arago, place de la Nation. Le prétexte en était de protester contre Parcoursup. À la demande de la directrice de l’établissement, la police est intervenue pour les déloger et les interpeller.

Rappelons ici qu'avant même toute violence ou dégradation, l’article 431-22 du Code pénal interdit "le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire sans y être habilité, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement". Ce délit est passible d’un an d’emprisonnement et de 7 500 € d’amende.

En tout, 128 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue à l’issue de cette journée, dont 102 au lycée Arago. Parmi eux, environ un tiers de mineurs. La garde à vue, qui peut durer 24 heures renouvelables une fois pour les majeurs comme pour les mineurs, l’a été dans la plupart des cas.

Le 23 au matin, les gardes à vue des 27 mineurs avaient été levées. Quatorze d’entre eux devaient être présentés à un juge des enfants aux vues de leur mise en examen et 13 allaient être présentés à un magistrat du parquet pour rappel à la loi ou mesure de réparation pénale par exemple, expliquait-on au parquet.

Quarante majeurs devaient par ailleurs être déférés dans la journée, dont 29 allaient être convoqués pour rappel à la loi et 11 devaient être convoqués par procès-verbal avec placement sous contrôle judiciaire.

Et bien entendu le cycle des protestations contre ces procédures s'est enclenché. De ce point de vue les black blocs, qui méprisent les syndicats, peuvent se féliciter d'avoir réussi leur opération et dénaturé la manifestation syndicale en rassemblement violent quasi insurrectionnel.

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