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Venezuela : le sacre du dictateur

Chronique du 22 mai 2018

Venezuela le 20 mai : très peu de personnes sont allées voterLa prétendue élection présidentielle à Caracas le 20 mai, n'a trompé personne. Remarquons aujourd'hui combien nos alertes quant à cette dérive totalitaire, naguère prêches dans le désert de l'indifférence médiatique française, reçoivent désormais, hélas, une confirmation générale. Même Mediapart est obligé de reconnaître que "la crise politique est toujours là" et que "très peu de personnes sont allées voter". Voici commment L'Opinion et les dépêches de Reuters en date du 21 mai analysent cette "farce électorale" :

Le successeur d’Hugo Chavez a été réélu à la présidence dimanche soir. Ses concurrents dénoncent des irrégularités et ne reconnaissent pas le résultat

"La révolution est ici pour durer !", a lancé Nicolas Maduro à la foule réunie devant le palais présidentiel, dans le centre de Caracas, pour fêter sa victoire à la présidentielle. A 55 ans, le "fils" du charismatique Hugo Chavez a été réélu au terme d’une "farce électorale". Ses principaux rivaux avaient été déclarés inéligibles et la majeure partie de l’opposition avait appelé au boycott de l’élection, la décrivant comme le "couronnement" d’un dictateur. N’écoutant pas ses pairs d’Amérique latine l’appelant à organiser un scrutin inclusif, le bolivariste est donc passé en force. Ses discours n’ont pas évolué depuis sa prise de fonction à la suite du décès de Chavez en 2013. Jouant les victimes, il se veut le héros de la résistance face à un complot "impérialiste" dont l’enjeu serait les ressources pétrolières vénézuéliennes.

Ses opposants, régulièrement inquiétés, le tiennent pour seul responsable de la ruine d’un pays autrefois florissant. Maduro a assuré que sa priorité serait de redresser l’économie après cinq années de récession.

Sanctions internationales. Cette "réélection" devrait se traduire par un renforcement des sanctions internationales. Les Etats-Unis ont annoncé dimanche qu’ils ne reconnaîtraient pas les résultats de l’élection et ont menacé de prendre de nouvelles sanctions contre le pays. L’Union européenne et plusieurs pays latino-américains avaient dénoncé les conditions iniques dans lesquelles se tenait le scrutin.

"Les élections vénézuéliennes ne correspondent pas aux normes minimales de la démocratie", a dénoncé le président chilien, le conservateur Sebastian Piñera, ajoutant que le Chili ne reconnaît pas ces élections à l’instar des grandes démocraties. Le gouvernement panaméen n’a pas, non plus, reconnu les résultats. En fait, seul des pays politiquement proches de Caracas, comme Cuba et le nouveau gouvernement de gauche du Salvador, ont adressé leurs félicitations au vainqueur. Et Pékin s’est contenté de dire que le gouvernement et le peuple vénézuéliens étaient à même de gérer leurs propres affaires intérieures.

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