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Miguel Diaz-Canel marionnette entre les mains du clan Castro

Cuba : nouveau visage vieille dictature

Chronique du 20 avril 2018

Le 19 avril à La Havane, pour la première fois depuis 1959, il a été annoncé que Cuba ne serait plus dirigée nominalement par un membre de la famille Castro. Raùl Castro en effet a cédé officiellement la présidence à son dauphin désigné Miguel Diaz-Canel. La nouvelle de ce changement a été répétée en boucle sur tous les médias du monde. En réalité cette passation de pouvoir ne va rien va modifier quant à la nature du régime communiste, le parti communiste, parti unique, restant d'ailleurs dirigé par Raùl Castro, âgé de 86 ans. Un seul candidat était proposé et il a été investi à l'unanimité par ce qui tient lieu, à Cuba, d'Assemblée nationale.

Quant à Miguel Diaz-Canel, A. Paranagua dans un article du Monde rappelle, sous la photo de Miguel Diaz-Canel écoutant ce 29 mars son camarade secrétaire général du parti communiste vietnamien, qu'il s'agit essentiellement d'un protégé de Raùl Castro, qui avait lui-même succédé à son frère Fidel :

Cet ingénieur de formation, qui a lentement monté les marches du pouvoir, ne semble pas vouloir dévier de la ligne du parti.

Il parle peu, sourit encore moins. À 57 ans, Miguel Diaz-Canel renvoie l’image d’un apparatchik modèle qui a su gravir, discrètement et patiemment, les échelons du pouvoir cubain sous l’aile de son mentor, Raùl Castro. Successeur désigné du président sortant à la tête de l’État, cet homme marié deux fois et père de deux enfants représente la génération de cadres dirigeants nés après la révolution de 1959. Un "civil", doté d’une "solide fermeté idéologique", selon Raùl Castro, ajoutant qu’il "n’est ni un parvenu ni un intrus".

Fils d’une institutrice et d’un mécanicien, Miguel Diaz-Canel est né à Placetas, dans la province de Villa Clara, le 20 avril 1960. Après avoir décroché le titre d’ingénieur électronicien à l’université centrale de Las Villas, en 1985, il débute sa carrière professionnelle comme officier des Forces armées révolutionnaires (FAR). Il revient ensuite à l’université comme enseignant, devient un dirigeant local des Jeunesses communistes et part en "mission internationaliste" au Nicaragua sandiniste (1987-1989).

A son retour, ce dirigeant provincial, puis national, des Jeunesses communistes commence une ascension fulgurante dans l’appareil. Dès 1991, à peine trentenaire, il entre au comité central du Parti communiste de Cuba (PCC, parti unique). Trois ans plus tard, il est le premier secrétaire du PCC à Villa Clara, ce qui fait de lui la principale autorité de la province.

Il y gagne une réputation de jeune cadre cool, populaire parmi ses administrés. Il se déplace à vélo, symbole des pénuries provoquées par la fin des subsides soviétiques. Il porte des jeans, se déclare fan des Beatles et autorise l’ouverture d’un centre culturel à Santa Clara, El Mejunje, où seront présentés des spectacles de travestis.

En 2003, le PCC le nomme premier secrétaire de la province de Holguin. C’est sur ordre du général Raùl Castro, ministre des FAR pendant un demi-siècle, qu’il entre au bureau politique du parti. Le frère de Fidel Castro continue à le propulser vers le haut et le fait entrer à son gouvernement comme ministre de l’éducation supérieure, en 2009.

À peine trois ans plus tard, M. Diaz-Canel remplace une des figures de la vieille garde orthodoxe et conservatrice, José Ramon Fernandez, comme vice-président du conseil des ministres chargés de l’éducation, de la science, de la culture et des sports. En 2013, il succède à un autre représentant de la "génération historique", le stalinien José Ramon Machado Ventura, comme premier vice-président des conseils d’État et des ministres.

La relève des générations est en marche. M. Diaz-Canel est placé au premier rang de la succession présidentielle. Il multiplie les déplacements officiels, à Cuba et à l’étranger, mais parle rarement en public et jamais à la presse étrangère. Il s’applique à éviter toute polémique, ne s’exprimant que lors d’activités publiques ou dans l’anonymat de réunions à huis clos.

Un discours prononcé devant une école de cadres du parti, en 2017 montre un dirigeant implacable contre toute forme de diversion idéologique. Il s’en prend même aux "centristes" qui prétendent incarner une alternative réformiste, pourtant éloignée de la dissidence. Il donne ainsi des gages à l’élite castriste, pour assurer qu’il saura gérer l’héritage avec zèle.

→ en savoir plus sur le site du Monde
→ écouter Zoé Valdés, la romancière cubaine exilée en France, qui rappelle au micro d'Yves Calvi sur RTL que le changement de président à Cuba ne modifiera rien quant à la situation du pays et du peuple.
→ écouter sur France Info Jacobo Machover qui < usouligne que Miguel Diaz-Canel n'est qu'une marionnette entre les mains du clan Castro.

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