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Julia KristevaJulia Kristeva a-t-elle été une espionne communiste ?

Chronique du 5 avril 2018

La Commission pour la Déclassification des documents et l’Annonce de l’affiliation des citoyens bulgares à la Sécurité d’État et aux Services de renseignements de l’armée nationale a révélé le 27 mars que Julia Kristeva aurait été une espionne du régime communiste. La philologue, linguiste, psychanalyste et femme de lettres connue pour son engagement féministe était enregistrée en tant qu’agente et associée secrète du Premier département général du bureau de la Sécurité d’État en charge de la collecte des renseignements extérieurs.

Selon le document présenté par la Commission, Julia Kristeva opérait sous le pseudonyme Sabina. Elle aurait été recrutée le 19 juin 1971 par le Lieutenant-chef Ivan Bozhikov.

Ce document ne donne néanmoins aucun détail sur la durée durant laquelle l’universitaire, installée en France depuis la fin 1965, aurait travaillé pour les services secrets communistes, quels renseignements elle a pu donner ni si elle a été rémunérée.

Julia Kristeva a formellement démenti toutes ces accusations publiées par Le Nouvel Observateur et a estimé qu’elle avait "dû faire l’objet de surveillance" de la part de ces services.

Après avoir étudié la philologie française à l’Université de Sofia, Julia Kristeva, née en 1941 à Sliven, a poursuivi son cursus à Paris grâce à un programme d’échange du gouvernement français. Elle a enseigné à l’Université Paris Diderot, dont elle est aujourd’hui professeure émérite.

Le Nouvel Observateur remarque : que "Julia Kristeva est arrivée en France en 1966, légalement. Ce qui était rare, voire étrange, sous le régime communiste. Se rapprochant de la mouvance maoïste en 1968, elle rencontre Philippe Sollers dont elle devient la femme. Bien qu'officiellement classée 'renégate à la Patrie' par le régime bulgare, elle a fait partie de la suite de François Mitterrand lors de sa visite officielle à Sofia en janvier 1989."

Elle s'était rendue en Chine en 1974 avec Philippe Sollers. Dans son compte-rendu de voyage, publié sous le titre Des Chinoises, elle fait l’éloge de Mao Zedong qui "a libéré les femmes" et "résolu la question éternelle des sexes", affirmant n’avoir "constaté aucune violence". Ce texte avait suscité la polémique dès sa parution.

Figure bien connue de l’intelligentsia parisienne, rappelle le Courrier des Balkans du 29 mars, Julia Kristeva est lauréate de nombreuses distinctions, dont la Légion d’Honneur et l’ordre national du Mérite. Auteure d’une trentaine d’ouvrages, elle a aussi fondé le Centre Roland Barthes. Dans son roman La septième fonction du langage, l’écrivain Laurent Binet s’amusait à imaginer que le célèbre sémiologue n’était pas mort fauché accidentellement par une voiture, mais qu’il aurait été assassiné. Il y présentait Julia Kristeva comme une espionne à la solde de la Bulgarie.

La fiction, s'interroge en forme de conclusion le Courrier des Balkans, était-elle réalité ?

COMMENTAIRES

Le 8 avril à 14h13 : Bonjour,-- Lecteur de votre chronique du -- 5 avril 2018,-- je souhaite apporter les commentaires ci-dessous -- avec la signature que vous trouverez au bas de mon texte:..
Il n'est pas très élégant, ni honnête, ni citoyen, de relayer sans aucun esprit critique les manipulations des services spéciaux staliniens.
Claude Pennetier

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