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Le chef national de la CGTVeille de grève

Chronique du 2 avril 2018

Sous le titre "SNCF : la bataille du rail s'annonce féroce pour le duo Macron-Philippe", le Journal du Dimanche en date du 1er avril reprend les informations diffusées par tous les médias et indique :

"Face à l'ampleur de la mobilisation et des blocages attendus, l'exécutif donne des signes d'ouverture, tout en affichant sa détermination sur les points les plus durs. En ligne de mire : la conquête d'une opinion partagée.

Une France à l'arrêt. Selon les prévisions établies le 30 mars par le gouvernement, la grève des transports, qui débute le 2 avril au soir, s'annonce massive : seulement 8 % du trafic serait assuré en Ile-de-France, et au maximum 18 % aux heures de pointe. Seuls 5 à 10 % des TER circuleront, les TGV n'effectueront qu'un aller-retour par jour. Et il ne s'agit que du mouvement à la SNCF, la mobilisation gagnant les transports aériens, l'énergie, le ramassage des déchets, les universités."

Et le JDD pose la question : "En attendant d'autres secteurs ?"

La première page du Journal du Dimanche personnalise le débat autour du secrétaire général de la CGT, le camarade Martinez.

Symétriquement d'ailleurs, tous les médias mettent en avant comme "patron" de la SNCF, le communicant Guillaume Pépy. Celui-ci n'est en principe, depuis la réforme Cuvilier de 2014, que le numéro 2 du groupe. En principe, légalement, la SNCF est dirigée par un prétendu "EPIC de tête", sorte de holding contraire au principe même des "EPIC", établissements publics et non société de capitaux. Le groupe SNCF est ainsi dirigé, en théorie, par le patron nominal de cet "EPIC de tête". Officiellement président du conseil de surveillance de l'établissement public SNCF depuis décembre 2014, M. Frédéric Saint-Geours reste inconnu du grand public, bien qu'il soit, par ailleurs et depuis septembre 2013, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Cette dernière structure de coopération renforcée regroupe 18 unions nationles et fédérations patronales sectorielles de l’Industrie et 2 associations régionales, c'est-à-dire une part très importante des grandes entreprises privées.

Du côté cégétiste, outre la concurrence de Sud-Rail, on se souviendra que l'interlocuteur des pouvoirs publics n'est pas Martinez mais Laurent Brun, secrétaire général de la Fédération correspondante dont la ligne diffère de celle du chef national de la centrale.

Un blog proche du parti communiste, "Vivelepcf.fr", pose, assez clairement, la manière dont l'extrême gauche, de son côté, envisage la situation :

Attaquer le statut des cheminots, écrivent ces militants du PCF, c’est attaquer tous les travailleurs !

Le gouvernement prévoit de réformer la SNCF une nouvelle fois en ayant recourt aux ordonnances afin d’accélérer les choses et d’éviter le plus possible la contestation. Sous couvert d’une dégradation du service rendu par la SNCF, dégradation orchestrée par les différents gouvernements afin de légitimer leur politique (politique du tout-TGV, investissements insuffisants, manque de personnel…), le gouvernement organise l’ouverture à la concurrence du secteur ou, dit plus simplement et plus justement, sa privatisation. Au programme, transformation de la SNCF en Société Anonyme, fin du statut de cheminot et suppression, par les régions, de très nombreuses lignes considérées comme non rentables.

Qui peut objectivement croire à cette prétendue recette miracle du gouvernement ? Qui peut croire qu’en supprimant le statut cheminot et en dégradant les conditions de travail, les trains arriveront plus souvent à l’heure ? Qui peut croire qu’en faisant la part belle au privé (qui entrera sur le marché uniquement pour le profit), les investissements nécessaires à la régénération des infrastructures seront réalisés ? Personne ! Encore moins lorsque l’on voit le résultat des privatisations dans les autres pays !

Cette réforme est présente par les médias au service du pouvoir comme inévitable du fait de la dette d’abord et de l’Union Européenne ensuite. La fameuse "dette du ferroviaire" mise en avant est un simple artifice comptable qui résulte de la séparation des activités en différents entreprises afin de préparer la privatisation. De plus, il est important de rappeler qu’un service public n’a pas vocation à être rentable. Quant à l’UE, la privatisation est en effet orchestrée par les directives européennes, mais la lutte des travailleurs permettra leur non implication comme c’est le cas par exemple au Portugal.

Il faut donc nous battre main dans la main avec les cheminots pour défendre le service public ferroviaire et le statut. Ce n’est que par l’arrêt de ce processus de privatisation et la reconquête d’un grand monopole public du rail que nous pourrons renouer avec un service public ferroviaire de qualité au service des usagers et des travailleurs, et non au service des profits privés.

A la RATP, un processus similaire de privatisation est à l’œuvre, stoppons-le ! concluent ces militants d'extrême gauche.

Notons qu'à l'inverse un sondage diffusé le 31 mars tend à démontrer que si 46 % des Français trouvent le mouvement de grève des cheminots "justifié", ils sont 72 % à penser que cela n'empêchera pas le gouvernement de faire passer la réforme de la SNCF.

Lire aussi → chronique du 29 mars : Martinez et la CGT : Non à la concurrence → chronique du 19 mars : CGT : Martinez bousculé en interne

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