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Trains sans concurrenceMartinez et la CGT : Non à la concurrence

Chronique du 29 mars 2018

Pour plus de 2 mois la France est promise à un blocage sur lequel nos lecteurs seront, comme tous les Français, abreuvés d'informations. Nous serons soumis à ce que Soljenitsyne considérait comme une surinformation, presqu'aussi dommageable en Occident que la désinformation d'origine soviétique.

On sait ainsi que l'intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT appelle à une grève reconductible de deux jours sur cinq à partir des 3 et 4 avril et jusqu'au 28 juin.

On estime à ce jour que cette grève à la SNCF pourrait s'étaler sur 36 jours à partir du 3 avril. Elle n'entend épargner ni les vacances scolaires ni les ponts du mois de mai. Les cégétistes et leurs alliés du moment se lancent ainsi dans une grève complexe. En effet, ils appellent à une grève reconductible de deux jours sur cinq à partir des 3 et 4 avril, et jusqu'au 28 juin. En tout, la grève s'étalera sur 36 jours.

Sur BFMTV et RMC le 28 mars, Philippe Martinez actuel leader de la CGT, a rappelé les positions de la confédération, traçant même certaines lignes rouges.

La balle est, selon lui, dans le camp du gouvernement. Voilà, en substance, le message transmis à quelques jours du début de la grève à la SNCF.

"La CGT fait des propositions, dit-il, le gouvernement arrive dans une salle de réunion en disant que l'on peut discuter de tout, mais avec à chaque fois la même chose sur la table".

Au-delà de la défense des acquis sociaux, qui va faire l'objet des chroniques d'actualité pendant toute la durée de la grève, la vieille centrale campe essentiellement sur ses positions concernant un délicat sujet, apparemment technique, celui de l'ouverture du rail à la concurrence. Et son secrétaire général déclare : "C’est un service public, donc on dit 'non' à toute concurrence. Il y en a déjà (des trains étrangers circulant en France), donc arrêtons nous là".

Le chef de la CGT fait ainsi mine de déplorer parallèlement que les négociations sur une convention collective des travailleurs du ferroviaires soient au point mort. "Ça fait deux ans et demi qu'on négocie. (...) dit-il encore, Mais qui bloque? La SNCF".

"Il faut théorise-t-il encore, un statut de haut niveau pour l'ensemble des salariés… Mettons tout le monde au statut des cheminots et tout ira bien".

Martinez est ainsi revenu sur l'appel à la grève de trois mois lancé dans le secteur de l'énergie. Et il a tenu à souligner que la grogne sociale gagnait de plus en plus de secteurs. "Les retraités ne sont pas contents, les facteurs ne sont pas contents, les universités, etc. Il y a un mécontentement profond dans ce pays". Il assure même y voir "les mêmes fondements qu'en 1968".

Les syndicats dénoncent une note de la direction des ressources humaines qui induirait en erreur les salariés sur l'exercice du droit de grève, notamment un amalgame entre jours de repos et jours de grève. La CGT estime que cette manœuvre vise à "étouffer la contestation".

Le 27 mars, les syndicats CGT, Unsa et CFDT de la SNCF ont par ailleurs accusé la direction du groupe public "d'informations mensongères" sur l'exercice du droit de grève dans l'entreprise, à cinq jours du début de la grève des cheminots. Ces organisations contestent notamment une décision de la direction qui considère que leur grève par épisode de deux jours sur cinq pendant trois mois n'est qu'un seul mouvement social, même si elles déposeront au total 18 préavis de grève distincts couvrant la période du 3 avril au 28 juin. Ceci permettra au groupe de considérer certains jours de repos comme jours de grève, donc non payés.

La CGT accuse aussi la direction de "mentir sur le droit de grève" pour "étouffer la contestation". "La direction," dit encore Cédric Robert, porte-parole de la CGT-Cheminots, "est prête à se mettre dans l'illégalité afin de casser la grève, alors que "la mobilisation s'annonce extrêmement importante".

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