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L'aviation chinoiseChine : un impérialisme qui se porte bien

Chronique du 28 mars 2018

Le 25 mars à Pékin était publié le rapport annuel pour 2018 sur l'initiative "la Ceinture et la Route". C'est sous cette appellation que les autorités communistes désignent le projet chinois, que l'on entend souvent évoquer comme une nouvelle route de la soie, faisant référence aux relations commerciales qu'entretenait au Moyen Âge l'Empire du Milieu avec Byzance et avec l'Occident.

Zhao Lei, éditeur en chef du rapport est un professeur à l'École du Parti du Comité central du Parti communiste chinois. Il considère que l'initiative faisait l'objet d'un consensus international et qu'elle illustre l'influence mondiale de la Chine.

Li Xinyu est le responsable d'une structure, d'étiquetage typiquement communiste, - elle s'appelle "Association du peuple chinois pour l'amitié avec l'étranger". Cet apparatchik a exposé, pour sa part, que le rôle de la diplomatie entre les peuples et du partage d'histoires sur la Chine devait être mis en valeur afin de promouvoir cette fameuse initiative "la Ceinture et la Route".

Jin Xin, responsable du Département international du Comité central du PCC, le rapport formule, dans une langue de bois caractéristique, ses suggestions relatives "à la création d'un système de prévention des risques et à l'amélioration de l'intégration sociale, ce qui assurera le développement sain et ordonné de l'initiative ["la Ceinture et la Route"]."

Le 11 février le ministre du Commerce Zhong Shan avait annoncé de nouvelles mesures pour promouvoir "la Ceinture et la Route".

L'initiative vise en effet à bâtir un réseau d'infrastructures et de commerce reliant l'Asie à l'Europe et à l'Afrique le long des anciennes routes de la soie.

C'est dans cet esprit que l'oligarchie au pouvoir s'efforce de promouvoir ce qui se réclame de libéralisation des échanges. Arborant ce drapeau, Xi Jinping fustige les mesures protectionnistes de Donald Trump.

Depuis 2013, plus de 140 pays ont fait écho à son "initiative". En 2017, le volume du commerce entre la Chine et les pays situés le long de "la Ceinture et la Route" a atteint 1 200 milliards de dollars, en croissance de 17,8 % sur un an, chiffre supérieur au taux de croissance de 14,2 %.

Un exemple typique de la satellisation voulue par Pékin, au gré de cette initiative "la Ceinture et la Route" a été donné le 22 mars à Pékin, où l'autocrate chinois Xi Jinping rencontrait ainsi son homologue camerounais, Paul Biya, au Grand Palais du Peuple. Qualifiant M. Biya de "dirigeant africain chevronné et vieil ami de la Chine", Xi a indiqué que le Cameroun était un partenaire important de la Chine en Afrique.

Les relations diplomatiques sino-camerounaises remontent, a rappelé Xi, à 47 ans, .

Paul Biya exerce le pouvoir à Yaoundé depuis 1984. Il est le premier président africain à visiter la Chine cette année. L'agence officielle Xinhua le présente même comme le premier chef d'État étranger reçu en Chine depuis la clôture des sessions annuelles de l'APN (Assemblée populaire nationale, pseudo-parlement chinois) et de la CCPPC (Conférence consultative politique du Peuple chinois), réunion squi, à l'unanimité ont entériné la modification constitutionnelle au profit de la réélection indéfinie de Xi.

Appelant la Chine et le Cameroun à maintenir leurs échanges à tous les niveaux, Xi a fort généreusement souligné que son pays "soutient le Cameroun dans le choix de sa propre voie et de son processus d'industrialisation".

Xi a aussi encouragé le Cameroun à participer activement à l'initiative "la Ceinture et la Route".

Biya a pour sa part indiqué que l'aide à long terme de la Chine au Cameroun avait promu le développement économique et social du pays et directement bénéficié au peuple camerounais. Le Cameroun est déterminé à renforcer sa coopération stratégique avec la Chine et à recevoir davantage d'investissements chinois dans l'industrie, l'agriculture, l'énergie, les transports, le logement et les nouvelles technologies.

Le Cameroun adhère fermement, cela va sans dire, au dogme d'une seule Chine, qui vise à terme, l'annexion de Taïwan par le régime de Pékin.

Les exercices des forces aériennes chinoises confirment à cet égard l'intention impérialistes des dirigeants de Pékin. Elles ont ainsi récemment mené, a annoncé le 25 mars Shen Jinke porte-parole officiel, une mission d'entraînement en haute mer dans le Pacifique Ouest et une mission de patrouille de combat conjointe en mer de Chine méridionale. Il a précisé qu'il s'agissait d'une formation composée de bombardiers H-6K et de chasseurs Su-30. L'entraînement visait à améliorer la capacité de combat en haute mer. L'aviation chinoise a dépêché une autre équipe composée d'avions, dont des bombardiers H-6K et des chasseurs Su-35, pour effectuer une mission de patrouille de combat conjointe en mer de Chine méridionale.

Le porte-parole a indiqué que la participation de Su-35 à des entraînements au combat réel permettrait aux forces aériennes d'améliorer leur capacité de combat réel à longue distance et en haute mer.

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