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un état-major islamo-terroristeSahel : le GSIM nouvelle menace islamo-terroriste

Chronique du 6 mars

Le 2 mars, dans le centre de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, l’état-major burkinabé et l’ambassade de France ont été visés par des attaques. Le bilan provisoire compte 8 militaires tués et de plus de 80 blessés, dont 12 dans un état grave. Selon l'AFP, qui cite des sources sécuritaires françaises, il y aurait une trentaine de morts dans l'attaque contre l'état-major des armées.

Dès le 3 mars, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), revendiquait ces attaques "en réponse", soulignent Le Monde et l'AFP à "la chasse que lui fait la France". Cette organisation djihadiste regroupe depuis l'an dernier plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaida. Cette nouvelle organisation est née de la fusion, annoncée le 2 mars 2017, des groupes Ansar Dine, Al-Mourabitoune de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar ainsi que L’Émirat du Sahara, une branche d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Ansar Dine est dirigé par le djihadiste malien Iyad Ag Ghaly Iyad Ag Ghaly. C'est une des organisations djihadistes ayant contrôlé le Mali durant près de dix mois en 2012, à la faveur d’une rébellion touareg, avant d’être en grande partie chassés par une intervention internationale supervisée par la France en janvier 2013.

Des zones entières du pays, notamment dans le Nord et le centre, échappent toutefois encore au contrôle des forces maliennes, françaises (opération "Barkhane") ou de l’Organisation des Nations unies (Minusma), objets de fréquentes attaques, qui débordent dans les pays voisins (Niger, Burkina Faso).

Ansar Dine a revendiqué plusieurs attentats, dont l’attaque de la base de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) à Kidal (nord), qui avait coûté la vie à sept casques bleus guinéens en février 2016, ou encore l’embuscade, le 18 mai de la même année, au nord d’Aguelhoc (nord-est), qui avait fait cinq morts dans le contingent tchadien.

Autre composante du GSIM, le groupe de Mokhtar Belmokhtar est,, quant à lui responsable notamment de l’attaque-suicide à Gao (nord) d’un camp de regroupement des formations signataires de l’accord de paix au Mali qui avait fait 77 morts et 120 blessés en janvier 2017.

Traque des forces françaises. Le GSIM, et en particulier sa composante Ansar Dine, font l’objet d’une traque des forces françaises. Au moins dix djihadistes présumés ont été tués en février 2017 lors d’une opération française aérienne et au sol le visant, tandis qu’une autre, dans la nuit du 23 au 24 octobre, visait un "camp d’entraînement terroriste" près d’Abeïbara (nord-est) relevant d’Ansar Dine. Selon l’état-major français, elle a permis la mise "hors de combat de 15 terroristes, dont un lieutenant d’Iyad Ag Ghaly". Mais pour le ministère de la défense malien, onze militaires maliens prisonniers des djihadistes se trouvaient parmi les victimes de ce raid.

Le 14 février, une vingtaine de djihadistes présumés ont été "tués ou capturés", selon l’état-major français, lors d’une opération aérienne et terrestre visant le groupe d’Iyad Ag Ghaly à proximité de la frontière avec l’Algérie. C’est "en réponse" à cette opération que le GSIM affirme avoir mené vendredi les attaques contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France à Ouagadougou, qui ont fait 8 morts parmi les militaires, selon un communiqué du groupe rapporté samedi par l’agence de presse privée mauritanienne Al Akhbar.

Le GSIM avait déjà revendiqué l’attaque qui a coûté la vie à deux militaires français et en a blessé un troisième le 21 février dans le nord-est du Mali, une zone à la frontière avec le Niger réputée servir de refuge à des groupes djihadistes que la force conjointe du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) s’est donné pour mission de chasser.

Il a également diffusé, le 1er mars, une courte vidéo de l’otage française Sophie Pétronin, 75 ans, enlevée au Mali à la fin de 2016. En voix off, on entendait un enregistrement du président français, Emmanuel Macron, répétant en boucle "Je vous protégerai".

Correspondante du Monde à Ouagadougou, Morgane Le Cam fait, enfin, état de complicité dans le double attentat contre l’état-major général des armées et l’ambassade de France. "Il y a probablement eu des taupes, estime une source sécuritaire. A l’état-major, la barrière d’entrée n’a pas été forcée. Ils sont entrés comme dans du beurre." La porte par laquelle les assaillants sont entrés n’a, selon les constatations du Monde, pas non plus été forcée. La qualité de la riposte des militaires de l’état-major est également pointée du doigt. "Des hommes ont fui et n’ont pas riposté", ajoute notre source. Pour tenter de dissiper ces doutes, le parquet de Ouagadougou a ouvert une enquête judiciaire. Plusieurs interpellations ont été effectuées.

→ Lire aussi chroniques précédentes : du 9 septembre 2016 : - al-Qaïda : sa nouvelle stratégie 20 janvier 2016 - Contre-insurrection : Barkhane en débat - 18 janvier 2016 - Afrique : l’attaque d’Aqmi à Ouagadougou

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