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le dictateur communiste KimCorée du Nord : armes chimiques livrées en Syrie

Chronique du 5 mars

D'après des experts de l'ONU, la Corée du Nord est parvenue pendant cinq ans à contourner aisément l'embargo sur les armes, échappant à la surveillance des renseignements occidentaux. Or, remarque Le Figaro, de 2012 à 2017, la Corée du Nord s'est jouée avec une facilité déconcertante de l'embargo sur les armes décrété par les Nations unies :

D'après un panel de huit experts onusiens, 40 chargements de contrebande auraient échappé à la surveillance satellitaire des services de renseignements américains et alliés. Pire, ils comprenaient des composants de missiles balistiques et d'armes chimiques.

Ces révélations surviennent alors que les chancelleries occidentales accusent Damas de s'être livré à des bombardements chimiques au chlore contre le fief rebelle de la Ghouta orientale. Dans le document confidentiel de 200 pages sont décrits les efforts déployés par Pyongyang pour contourner les sanctions. Usant d'une nébuleuse de sociétés écran et d'intermédiaires grassement rémunérés, le régime de Kim Jong-un a mené des cyberattaques pour voler des secrets militaires à l'étranger et sollicité son réseau diplomatique pour faciliter toutes sortes de contrebande. La présence de techniciens missiliers nord-coréens, en outre, aurait été repérée sur des sites d'armes chimiques en Syrie.

Dénonçant les dangers de cette coopération fructueuse entre deux États-parias de la société des nations, le rapport tance aussi la Russie et la Chine, jugées trop laxistes sur l'importation de charbon nord-coréen, ainsi que l'exportation vers Pyongyang de pétrole et de certains produits de luxe.

Quatorze cas de suffocation, dont celui d'un enfant qui est décédé, ont, par exemple, été rapportés le 25 février après un bombardement du régime syrien sur la Ghouta orientale, fief rebelle aux portes de Damas visé par une offensive meurtrière, a indiqué une ONG.

Yaacoub, un médecin ayant soigné les patients, a évoqué auprès de l'AFP des "soupçons d'utilisation d'armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore".

Le régime syrien, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été pointé du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore.

"Après un tir de roquette mené par un avion, 14 cas de suffocation ont été rapportés dans la région de Chifouniyé, entraînant la mort d'un enfant. Une femme se trouve dans un état critique", a indiqué à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. "Un des patients âgé de trois ans est décédé d'asphyxie", précise le médecin qui les a soignés. "La plupart des patients portent une odeur de chlore sur leurs vêtements et leur peau, beaucoup ont des difficultés respiratoires, et des irritations aux yeux et à la peau", a-t-il précisé.

Le pouvoir mène depuis le 18 février dans la Ghouta orientale des raids aériens d'une intensité sans précédent, qui ont tué plus de 500 personnes.

Un responsable du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, Mohamed Allouche, a accusé sur son compte Twitter le régime d'avoir utilisé du "gaz de chlore".

Mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a, de son côté, pointé les insurgés. Ils "préparent une provocation, prévoyant un recours à des substances toxiques afin d'accuser les forces gouvernementales d'utiliser des armes chimiques contre la population civile", selon un communiqué dimanche du ministère russe de la Défense.

Ces cas de suffocation interviennent alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi une résolution réclamant une trêve humanitaire d'un mois "sans délai" dans toute la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340 000 morts.

La question des armes chimiques que le régime est accusé d'utiliser a récemment provoqué un tollé sur la scène internationale, la France brandissant la menace de frappes en Syrie, après des propos similaires tenus par un responsable à Washington.

Le 22 janvier, l'Observatoire avait rapporté 21 cas de suffocation dans la Ghouta orientale, habitants et sources médicales évoquant une attaque au chlore. Le 13 janvier, une attaque similaire avait visé la périphérie de Douma, selon l'ONG.

Bien entendu, le 2 mars la Corée du Nord a récusé les conclusions du rapport de l'ONU affirmant que Pyongyang aidait le gouvernement syrien à produire des armes chimiques. La télévision d'État nord-coréenne accuse les États-Unis d'avoir inventé cette affaire pour maintenir la pression sur Pyongyang.

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