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>La Girls Science Secondary SchoolBoko Haram s'empare à nouveau d'une centaine de jeunes filles

Chronique du 28 février

Au 19 février, selon les témoignages des habitants, dans l’État de Yobe, au nord-est du Nigeria, les insurgés du groupe jihadiste nigérian, lourdement armés, ont attaqué le village de Dapchi, tirant en l’air et faisant exploser des grenades. Les assaillants sont restés moins d’une heure, raconte un vendeur de thé, qui affirme. 9 véhicules se sont dirigés vers l’école. Un groupe de combattants, habillés avec des uniformes de l’armée et des turbans noirs, blancs et rouges, ont demandé à un vendeur de rue de les conduire jusqu’à l’école. Les filles criaient dans un camion. Ils en avaient enlevé certaines.

La Girls Science Secondary School compte 926 élèves. Ce sont des jeunes filles à partir de 11 ans. Lors de l'attaque, beaucoup d'entre elles avaient pu s'enfuir et se cacher pour échapper aux assaillants, mais 111 avaient été portées disparues.

Le groupe djihadiste Boko Haram, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché", mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria ayant fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés. Il a kidnappé des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants. Boko Haram est clairement l'un des principaux mouvements insurrectionnels et terroristes d'idéologie salafiste djihadiste, Originaire du nord-est du Nigeria et il s'est fixé pour objectif d'instaurer un califat et d'appliquer la charia et il s'est affilié à l'organisation État islamique.

Déjà, en avril 2014 à Chibock, dans l’État voisin du Borno, l'enlèvement de 276 lycéennes avait déclenché une vague d'indignation mondiale, donnant au groupe sa sinistre notoriété sur la scène internationale. À l'époque, 57 d'entre elles, étaient parvenues à s’enfuir rapidement et, depuis mai 2017, 107 autres se sont évadées ou ont été libérés en vertu d’un accord passé entre le gouvernement et Boko Haram. Plus de 100 sont demeurées captives, mariées de force ou réduites en esclavage

Au 22 février, 76 élèves de Dapchi n'ont toujours pas été retrouvées. Ibrahim Gaidam, gouverneur de l'État nigérian de Yobe, en personne, a reconnu devant les habitants du village de Dapchi que 76 de leurs écolières, qu'on disait avoir été récupérées après avoir été enlevées par Boko Haram, étaient en fait toujours disparues. Ses services avaient annoncé en effet la veille que les écolières avaient été délivrées par l'armée. Cette fausse nouvelle avait provoqué des scènes de fête dans les rues.

En réalité les jeunes filles étaient toujours portées manquantes.

Le 25 février, l'armée de l'air nigériane (NAF) affirmait encore, dans un communiqué du vice Vice-maréchal de l'air Olatokunbo Adesanya, directeur de la Communication, avoir déployé des moyens aériens supplémentaires, y compris des plates-formes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), dans le Nord-Est dans un effort renouvelé pour localiser les filles Dapchi manquantes.

"Le gouvernement a déclaré hier que les filles avaient été retrouvées, puis le gouverneur est venu ici pour nous expliquer que les soldats ne les avaient pas encore retrouvées", a expliqué un habitant de Dapchi, Ali Maidoya. "Pourquoi nous ont-ils menti tout d'abord ?", s'est-il interrogé.

Les autorités gouvernementales du Nigeria ont mis, dans cette affaire beaucoup de temps à réagir. Et ceci a provoqué la colère des parents des victimes. Plusieurs parents, sans nouvelles de leurs enfants, ont ainsi caillassé le convoi du gouverneur de l’État de Yobe, avant d’être pourchassés par les forces de sécurité, dans une ambiance électrique.

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