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Rex Tillerson le 1er février à l'Université du TexasVenezuela : le secrétaire d'État ne se trompait qu'à moitié

Chronique du 22 février

Le gouvernement américain n'envisage pas d'intervenir pour un changement de régime au Venezuela. Cependant, il soupçonne un groupe militaire de vouloir renverser le président socialiste du pays, Nicolas Maduro. Cette information importante a été donnée par le secrétaire d'État américain Rex Tillerson lors d'une conférence. Il s'exprimait sur le thème desEngagements des États-Unis dans l'Hémisphère occidentale le 1er février à Austin dans le cadre de l'Université du Texas, ceci avant de partir pour une tournée d'une semaine en Amérique latine.

"Nous ne plaidons, a-t-il déclaré, ni pour un changement de régime ni pour la destitution du président Maduro. Ce que nous demandons est que soit respectée la constitution elle-même", a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Il constate en effet que le gouvernement Maduro falsifie le processus électoral, en violation de la Constitution adoptée par Hugo Chavez.

Or, Maduro s'est porté candidat à sa propre réélection à l'élection présidentielle prévue à la date anticipée du 22 avril. Et ses taux de popularité sont très faibles.

Au Venezuela, ce qui se profile désormais ce n'est pas un coup d'État militaire contre Maduro, mais au contraire qu'il mise sur l’intimidation militaire, comme l'indiquaient Le Monde et l'AFP en ligne le 18 février:

Nicolas Maduro, a annoncé, dans une allocution diffusée par les médias le 17 février la tenue les 24 et 25 février de manœuvres militaires, auxquelles participeront également des civils, pour renforcer la capacité de défense du pays face à d’éventuelles menaces étrangères. "J’ai ordonné aux forces armées, conjointement avec notre peuple, dans une union civilo-militaire, de mener les manœuvres militaires Independencia 2018 samedi 24 et dimanche 25 février" a-t-il déclaré.

Le président Maduro se trouvait dans l’État de Vargas, situé dans le nord du pays, sur la mer des Caraïbes, où il assistait à l’appareillage du navire-école vénézuélien Simon-Bolivar pour un périple où il fera escale dans douze pays d’Amérique latine.

Ces manœuvres annuelles serviront à "parfaire l’efficacité des équipements, le mouvement des troupes, des chars, des missiles, des avions, des hélicoptères" et à renforcer "l’âme nationale", a-t-il affirmé.

Menaces colombiennes ? L’annonce des dates de l’édition 2018 des manœuvres est faite au lendemain d’accusations lancées par Maduro contre la Colombie. Selon lui, l’armée colombienne préparerait sous l’influence des États-Unis des provocations militaires contre le Venezuela en vue de déclencher un conflit armé entre les deux pays.

Lors d’un conseil des ministres, Maduro a affirmé le 16 février, que l’armée colombienne entraînait actuellement des dizaines de citoyens vénézuéliens qui devraient ensuite, selon lui, être chargés de mener des attaques en Colombie, vêtus d’uniformes de l’armée vénézuélienne, afin de déclencher un conflit bilatéral. Et il a affirmé disposer de preuves de ses accusations.

Le lendemain, le président vénézuélien se montrait arrogant. "Nous n’accepterons jamais que la botte militaire impériale étrangère foule le sol sacré de la patrie vénézuélienne", a-t-il lancé.

Perspectives de fraude et d'intervention militaire. L’opposition, de son côté, continue de mener des consultations pour décider si elle participera à cette élection. Elle dit craindre que M. Maduro ne se maintienne au pouvoir par la fraude, les autorités électorales vénézuéliennes étant entre ses mains.

Des pays comme l’Argentine et la Colombie ont annoncé d’avance qu’elles ne reconnaîtraient pas le résultat de l’élection.

Le pays souffre de plus en plus d'une grave crise sociale et économique, avec des pénuries de nombreux produits de première nécessité, aliments et médicaments, et une hyperinflation qui devrait atteindre 13 000 % en 2018, selon le Fonds monétaire international. La popularité du président est au plus bas. Plus de 70 % des citoyens souhaitant son départ selon les sondages. Mais il bénéficie d’un fort soutien institutionnel : celui de l’armée. Rex Tillerson ne se trompait qu'à moitié dans ses craintes d'un coup de force militaire.

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