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Abdurrahman prédicateur islamo-terroristeIndonésie : procès d'Abdurrahman prédicateur islamo-terroriste

Chronique du 19 février

Le 15 février, s'ouvrait à Djakarta le procès d'un prédicateur indonésien sympathisant de l'organisation djihadiste État islamique, considéré comme le cerveau des attentats sanglants de janvier 2016, dans la capitale indonésienne.

Aman Abdurrahman doit répondre d'infractions liées au terrorisme à la suite de ces attaques revendiquées par l'organisation État islamique, les premières de cette ampleur en Indonésie depuis 2009. Quatre civils avaient été tués, de même que les quatre assaillants. À l'ouverture du procès, le procureur a lu l'acte d'accusation et les charges retenues contre le prédicateur qui risque jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité ou la peine de mort. Le prévenu a "délibérément fait usage de violence ou de menaces pour créer un climat de terreur parmi la population et fait de nombreuses victimes", a déclaré le procureur.

Abdurrahman a montré peu d'émotion, déclarant qu'il ne reconnaissait pas le tribunal. L'islamiste a recruté des candidats pour l'organisation État islamique depuis la prison où il est incarcéré pour des affaires de terrorisme, selon l'Institut local d'analyse politique et des conflits.

Les experts consultés estiment qu'Abdurrahman communique avec les dirigeants de l'organisation État islamique et qu'il est le principal traducteur de sa propagande en Indonésie. Dans les attaques de janvier 2016, un café Starbucks et une guérite de police avaient été détruits dans un quartier du centre de la capitale abritant des centres commerciaux, les bureaux de plusieurs agences de l'ONU ainsi que des ambassades, notamment la représentation française.

L'Indonésie, le pays musulman le plus peuplé du monde, est confrontée depuis longtemps à des extrémistes islamistes. Après les attentats de Bali en 2002, qui avaient fait 202 morts, parmi lesquels de nombreux étrangers, les autorités avaient lancé une offensive majeure contre les islamistes extrémistes et affaibli les réseaux les plus dangereux, selon des experts. Mais la crainte d'une résurgence des groupes islamistes s'est intensifiée ces derniers temps. Des centaines d'extrémistes originaires d'Indonésie sont partis à l'étranger combattre dans les rangs de l'organisation État islamique, qui a perdu la plupart de ses positions en Irak et en Syrie.

En 2016 les habitants de Djakarta, avaient rendu massivement hommage aux victimes des attaques terroristes qui avaient frappé la capitale indonésienne le 14 janvier 2016..

Ce jour-là, le président indonésien, Joko Widodo s'était rendu sur les lieux de l'attentat des Djakarta. L'ombre sinistre du djihad planait de nouveau sur l'archipel mosaïque indonésien. En 2002, la voix d'Osama Ben Laden en personne revendiquait le carnage qui avait fauché 202 vies sur la plage de Kuta, à Bali, en représailles à la guerre contre la terreur menée par l'allié américain. Quatorze ans plus tard, le plus grand pays musulman du monde était rattrapé par la violence salafiste, revendiquée cette fois par l'État islamique.

Jusque-là, l'Indonésie était une success story en matière d'anti-terrorisme. La violence choque cet archipel de 250 millions d'habitants, dont 87 % sont supposés affiliés d'un islam sunnite "moderniste", bien plus souple que sa version moyen-orientale. Nadhatul Ulama, l'une des principales organisations islamiques du pays, forte de 50 millions de fidèles, a pris la tête d'une croisade mondiale contre l'organisation État islamique, accusé de dévoyer la religion, sous l'influence du courant wahhabite d'Arabie saoudite qui compte seulement 0,3 % d'adeptes parmi les musulmans indonésiens. Cet "islam de l'archipel" trouve ses racines dans l'histoire, avec l'arrivée des marchands arabes au XIIIe siècle. L'islam fut alors introduit par les confréries soufies.

Mais, depuis la chute de Suharto en 1998, l'islam politique opère un retour en force dans la société et les milices du "Front populaire islamique" mènent des opérations coup de poing, comme en 2012, contre le Centre culturel français.

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