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>Anna-Gabriel SabatéGauchisme catalan et dictature vénézuélienne

Anna-Gabriel Sabaté fait fonction de porte-parole des gauchistes catalans. Dans la soirée du 8 février, était attendue dans un quartier de Barcelone. Au nom du parti d’extrême gauche Candidature d’unité populaire, elle devait participer à la séance de signature de son dernier livre.

Or, Anna Gabriel Sabaté n’est pas apparue.

Selon le journal espagnol ABC, cette figure de proue du mouvement gauchiste catalan, étant à la veille de sa convocation par la justice pour s’expliquer sur son rôle dans la déclaration unilatérale d’indépendance, se serait réfugiée à Caracas.

Ses camarades ont démenti formellement sa présence au Venezuela. Mais, au 13 février, la jeune femme demeurait toujours invisible. Elle n’a jamais caché sa sympathie pour le régime de Nicolas Maduro. Anna Gabriel avait participé, en 2014, à un voyage organisé par le régime vénézuélien avec des représentants de Podemos. Le vol de tout ce petit monde, transporté dans un avion des forces militaires vénézuéliennes affrété par Caracas, avait fait alors couler beaucoup d’encre.

"La Catalogne s’enflamme" écrit Gilles Sengès dans L'Opinion sur l’éventuelle fuite de cette dirigeante indépendantiste au Venezuela :

Après avoir inculpé et incarcéré une bonne partie des promoteurs de la Déclaration unilatérale d’indépendance (DUI) de la Catalogne, la justice espagnole s’intéresse en effet aujourd’hui à un second cercle de responsables dans lequel figurent Anna Gabriel mais aussi l’ancien président catalan Artur Mas et Marta Rivora, secrétaire générale de la Gauche républicaine (ERC). Le mystère plane donc d'autant plus sur la comparution de l’ancienne députée de la CUP.

Gauche radicale européenne. "Le feuilleton catalan a pris une telle tournure picrocholine" considère Gilles Sengès, "que toutes les rumeurs sont vite prises au sérieux. L’exemple vient, il est vrai, d’en haut" :

En fuite à Belgique, Carles Puigdemont dont la formation "Ensemble pour la Catalogne" est arrivée en tête des élections régionales du 21 décembre dernier fait preuve d’une imagination débordante pour garder la présidence de la Catalogne.

Faute d’avoir réussi à convaincre ses partenaires d’ERC de l’élire en son absence, ce que ne permet pas le règlement du parlement local, sa formation propose de changer tout simplement la règle. Il envisage sinon de dédoubler le pouvoir entre Bruxelles et Barcelone. Lui serait adoubé par une assemblée d’élus, inspirée de l’assemblée constituante de Maduro, tandis que sa porte-parole, Elsa Artadi, expédierait les affaires courantes en Catalogne.

Tout ce buzz doit faire le bonheur du régime vénézuélien qui entretient de nombreux liens avec la gauche radicale européenne et s’est montré dès le départ favorable au processus indépendantiste catalan. Alors que la Belgique ne s'est pas beaucoup mobilisée pour renvoyer au pays Carles Puigdemont, il y a peu de chances qu’une éventuelle demande d’extradition aboutisse avec le Venezuela.

Les relations entre Caracas et Madrid sont exécrables, le gouvernement de Mariano Rajoy ayant pris fait et cause en faveur de l’opposition à Nicolas Maduro. A la seule exception de José-Luis Rodriguez Zapatero, l’ancien président du gouvernement socialiste espagnol, qui appuie aujourd’hui la tenue d’élections présidentielles précipitées au Venezuela, le 22 avril prochain...

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