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Joshua Wong (g), Nathan Law (c) et Alex Chow

Hong Kong : les militants pro démocratie face à la répression

En ligne le 8 février 2018

Le 6 février 2018 à Hong Kong, Joshua Wong (g), Nathan Law (c) et Alex Chow, trois figures du mouvement pro démocratie, passaient en jugement. Ils faisaient appel de leur condamnation à de la prison devant la plus haute juridiction de l'ex-colonie britannique.

Cette affaire était considérée comme un test de l'indépendance de la justice face à Pékin. Wong, 21 ans, devenu le visage de "la révolte des parapluies" de l'automne 2014, et ses co-prévenus avaient été condamnés en août à des peines allant alors de 6 à 8 mois d'incarcération. Leur condamnation faisait suite à un appel du ministère public qui demandait des peines plus lourdes que celles décidées en première instance, en l'occurrence des travaux d'intérêt général et du sursis.

Tous trois avaient été libérés sous caution quelques semaines plus tard le temps de l'examen de leur pourvoi devant la Cour d'appel final, la plus haute juridiction hongkongaise. Leur condamnation a été réformée par les juges de la Cour d’appel final ont décidé que les militants n'iraient pas en prison mais devraient se voir infliger une peine avec sursis ou participer à des travaux d’intérêt général pour leur rôle dans les manifestations de masse, comme l’avait décidé un juge en première instance.

Le juge Geoffrey Ma a souligné que le trio avait écopé de peines "significativement plus lourdes" que les sentences généralement infligées dans les affaires de rassemblement illégal. Les juges ont néanmoins averti que des manifestations similaires pourraient à l’avenir être considérées comme des actes de violence en vertu des nouveaux critères.

Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow indiquent que le tribunal a élargi la définition de la violence pour y inclure des manifestations pacifiques. Le trio a été salué par ses sympathisants après le jugement par la haute juridiction. Joshua Wong leur a dit qu’ils devraient continuer leur lutte pour la démocratie.

"En vertu de ce jugement, d'autres militants pourront être enfermés", a réagi Joshua Wong. "Ce n'est pas l'heure des félicitations ou des célébrations" considèrent ainsi les trois militants ont cependant prévenu que l'heure n'était pas aux célébrations. La liberté de pensée et d'expression est toujours menacée dans le territoire revenu en 1997 dans le giron de Pékin, ont-ils souligné.

Joshua Wong pourrait retourner rapidement derrière les barreaux dans une autre affaire liée à l'immense mouvement pro démocratie, et dans laquelle il a été libéré sous caution. Il a été condamné, en effet,à trois mois de prison pour ne pas avoir respecté une ordonnance judiciaire exigeant l'évacuation d'un campement érigé durant les manifestations.

Rappelons qu'en 2014 Pendant plus de deux mois, des centaines de milliers de Hongkongais avaient paralysé des quartiers entiers de la mégapole pour réclamer l'instauration d'un véritable suffrage universel. Mais Pékin n'avait pas reculé d'un pouce.

D'après les termes de l'accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues en Chine continentale, en théorie jusqu'en 2047. Beaucoup ont cependant le sentiment que ces libertés s'érodent et craignent que Pékin soit en train de renier cet accord. L'appel du ministère public n'avait fait que conforter l'impression que la Chine, particulièrement courroucée par l'émergence d'une nouvelle catégorie de militants réclamant l'indépendance, exerce une influence croissante sur le territoire.

Joshua Wong et Nathan Law, pour lutter contre cette dérive, ont fondé un parti, Demosisto, qui prône l'autodétermination de la ville.

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