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le président Moreno annonce les résultats du référendumÉquateur : une défaite pour le gauchisme latino-américain

Chronique du 7 février 2018

Le 4 février, les électeurs équatoriens ont majoritairement voté contre la loi permettant la réélection indéfinie du président. Rafael Correa, resté dix ans au pouvoir jusqu'en mai 2017 et qui n'a pu légalement se représenter. Il vient ainsi de perdre toute chance de récupérer la présidence lors de la prochaine élection en 2021.

Les Équatoriens ont ainsi approuvé à 64 % la suppression de la loi permettant la réélection indéfinie du président. Ce référendum avait été convoqué par le président Moreno, qui répond au prénom inattendu de Lenin. Il s'agissait de barrer la route à son prédécesseur et ex-allié Rafael Correa. Selon le décompte préliminaire du Conseil national électoral, les électeurs ont aussi approuvé à 63 % des voix le remaniement de l'organe créé par Correa pour nommer les représentants des pouvoirs publics, dont le procureur général, ouvrant la voie une "décorréisation" totale de l'État.

"Les décisions que nous prenons aujourd'hui, a déclaré L. Moreno, seront fondamentales pour l'avenir du pays, pour que nos enfants vivent protégés, pour que les corrompus ne recommencent pas à se moquer de nous (...) pour la protection de la nature, pour la relance économique". Il s'exprimait après avoir voté dans une université du nord de Quito. En remportant cette consultation, il empêche son prédécesseur Rafael Correa, resté dix ans au pouvoir jusqu'en mai 2017 et qui n'a pu légalement se représenter, de récupérer la présidence lors de la prochaine élection en 2021.

Tourner la page du "corréisme" L. Moreno, qui a été son vice-président de 2007 à 2013, est devenu depuis sa prise de fonction le plus sévère critique de M. Correa. Ce dernier est adepte du "socialisme du XXIe siècle" inventé par Chavez au Venezuela voisin. L. Moreno l'accuse d'avoir gaspillé les recettes pétrolières et d'avoir dirigé un gouvernement corrompu. Il avait donc convoqué en novembre ce référendum, considéré comme une invitation à tourner la page du corréisme.

Dans le cadre de ce scrutin, les électeurs étaient invités à répondre à sept questions. Outre celle sur la loi permettant la réélection indéfinie, initiée par Rafael Correa en 2015, L. Moreno leur propose de se prononcer sur la restructuration de l'organe chargé de nommer les représentants des pouvoirs publics, comme le Procureur général, ce qui reviendra à "décorréiser" l'État. Pour Rafael Correa, Lenin Moreno est un "traître" qui s'est vendu à l'opposition de droite.

"Persécution et harcèlement" À la clôture du scrutin, l'ex-chef de l'État, présent à Guayaquil, deuxième ville du pays, a pour sa part estimé devant la presse que "d'après ce que nous connaissons de l'histoire équatorienne, la situation peut complètement changer en deux mois". Correa se dit victime de "persécution et harcèlement". Il accuse M. Moreno de vouloir utiliser ce scrutin pour le marginaliser définitivement, via la question visant à écarter de la vie politique les condamnés pour corruption.

"Ils vont inventer un crime pour me disqualifier. C'est la nouvelle stratégie de la droite pour détruire les dirigeants progressistes comme il l'ont fait avec Dilma (Rousseff, ex-présidente du Brésil), Lula (son prédécesseur) ou Cristina (Kirchner, ex-présidente d'Argentine)", a affirmé Rafael Correa à l'AFP. Il devait, en fait, se présenter devant le Parquet le lendemain pour témoigner sur des irrégularités présumées dans la vente de pétrole à la Chine et à la Thaïlande pendant son administration.

Parallèlement, son ancien vice-président et allié Jorge Glas a été emprisonné et condamné pour avoir reçu des pots-de-vin du groupe de BTP brésilien Odebrecht, un scandale de corruption qui a éclaboussé d'autres fonctionnaires de l'ancien gouvernement.

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