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MaduroVenezuela : L'élection présidentielle truquée du régime Maduro

En ligne le 29 janvier 2018

Le 23 janvier l’Assemblée constituante du Venezuela a décidé d'avancer de plusieurs mois l’élection présidentielle prévue cette année. Elle se tiendra avant la fin d’avril.

Une organisation aussi rapide et anticipée pourrait prendre de court l’opposition à l’actuel président, dont la plupart des dirigeants sont emprisonnés, en exil ou privés du droit de se présenter.

La Cour suprême du Venezuela a interdit le 25 janvier à la principale coalition de l’opposition au président Nicolas Maduro, la Table de l’unité démocratique (MUD), de présenter un candidat unique à cette élection présidentielle.

Et l’actuel président Nicolas Maduro ne cache pas son intention de se faire réélire. "Je suis un humble travailleur, un humble homme du peuple. Si le Parti socialiste uni du Venezuela (...) croit que je doive être le candidat à la présidentielle du camp révolutionnaire (...) je suis à disposition". .

Considéré comme un dictateur par l'opposition, Nicolas Maduro est confronté à une forte impopularité, imputable notamment aux pénuries de toutes sortes qui touchent la population. La crise qui secoue le pays depuis des années s’est aussi traduite dans la rue par des manifestations antigouvernementales au cours desquelles 125 personnes ont été tuées entre avril et juillet 2017.

Mais en dépit d’une situation économique catastrophique, il peut compter sur la discipline et l’organisation quasi militaire de son parti, face à une opposition plus morcelée que jamais et qui prévoit des primaires pour désigner son candidat.

L’évolution politique au Venezuela, avec notamment l’élection en juillet 2017 d’une Assemblée constituante dotée de pouvoirs élargis et de la plupart des compétences du Parlement, a suscité la réprobation de la communauté internationale, États-Unis et Union européenne en tête.

Celle-ci vient d’adopter des sanctions contre de hauts dirigeants vénézuéliens. Le numéro deux du Parti socialiste au pouvoir, Diosdado Cabello, y a fait justement allusion en déclarant : "Si le monde veut nous appliquer des sanctions, nous allons appliquer des élections".

L’inflation au Venezuela est devenue colossale s’est élevée. D’après les chiffres fournis par des élus de l’opposition, et les estimations d’experts, pour le seul mois de décembre, les prix ont augmenté de 85 %, bien au-dessus du seuil des 50 % qui sert de référence pour déterminer une situation d’hyperinflation.

Le 26 janvier c'était au tour d'Emmanuel Macron de dénoncer la "dégradation de la situation et la dérive autoritaire inacceptable qui se poursuit par le régime actuel." en cours au Venezuela. Il s’est prononcé en faveur d’un accroissement des sanctions européennes contre le régime de Nicolas Maduro et a également demandé aux pays liés économiquement à Caracas de se mobiliser pour accentuer la pression.

Le chef de l’État français, s’exprimait à l’issue d’un entretien avec son homologue argentin Mauricio Macri.

"Il appartiendra au niveau européen, a-t-il ajouté, à ce qu’il y ait une coordination pour voir si nous souhaitons accroître les sanctions, j’y suis plutôt favorable même si nous devons être lucides sur ce sujet : nous avons pris des sanctions individuelles contre des dirigeants vénézuéliens qui ont un impact qui demeure limité."

Le président français a également appelé d’autres pays à se mobiliser, sans toutefois les désigner nommément : "Je souhaite aussi que des pays qui partagent nos valeurs, notre attachement aux droits de l’Homme et qui sont beaucoup plus en liens économiques avec le Venezuela puissent prendre des mesures de sanctions efficaces."

À ses côtés, Mauricio Macri a estimé que Nicolas Maduro avait continué à "violer le système" en dépit de la pression diplomatique et a une nouvelle fois appelé à la tenue "d’une élection libre ouverte et transparente où le peuple vénézuélien pourra s’exprimer et commencer à construire un avenir".

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