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Venezuela : les chemises rouges agressent le Parlement

En ligne le 6 juillet

Les chemises rougesLe 5 juillet à Caracas une centaine de personnes, certaines cagoulées, portant des bâtons et vêtues de rouge ont forcé le portail d'entrée du parlement vénézuélien et pénétré dans les jardins et les couloirs. Certaines étaient armées selon des témoignages de journalistes.

Partisans du président Maduro ils ont blessé 5 députés. Après avoir lancé des grenades ils ont agressé les députés d'opposition, obligeant les reporters à arrêter de filmer et photographier puis à quitter les lieux.

Le Venezuela traverse sa pire crise économique et politique depuis des décennies, secoué par une vague de manifestations demandant le départ de Maduro, la repression de ces manifestations fait 91 morts en trois mois.

Le président a nié toute implication: "Je condamne absolument ces faits. Je ne vais être complice d'aucune violence", a-t-il osé déclarer, affirmant avoir ordonné une enquête.

Julio Borges, président de l'Assemblée où l'opposition de centre droit est majoritaire depuis début 2016, a quant à lui annoncé sur Twitter que "l'attaque a fait 5 blessés parmi les députés."

Le député Américo de Grazia a été transporté à l'hôpital, a indiqué son collègue Juan Guaido, affirmant que les agresseurs utilisaient "des pierres, des bâtons et des couteaux".

Julio Borges a attribué cette irruption aux "colectivos", des groupes pro-gouvernement armés par l'exécutif.

"Cela fait tout aussi mal de voir à quel point le pays court chaque jour à sa perte", a déclaré le député Armando Armas, qui montait à bord d'une ambulance la tête couverte de bandages ensanglantés.

"Nous n'allons pas nous laisser intimider par ces actes de violence. Ici personne ne se rend face à cette dictature", a lancé le vice-président du Parlement, Freddy Guevara.

Au même moment le président vénézuélien assistait à un défilé militaire dans un autre endroit de Caracas, à l'occasion du 206e anniversaire de l'indépendance du Venezuela.

Pendant que l'armée gardait le bâtiment du Parlement, le vice-président Tareck El Aissami, accompagné du ministre de la Défense et chef des armées , accompagné du ministre de la Défense et chef des armées Vladimir Padrino Lopez et de militants chavistes vêtus de rouge, a prononcé un discours de 15 minutes : "Ici, nous avons un président digne qui ne se rendra jamais et qui ne permettra pas non plus que le Venezuela soit colonisé par une puissance étrangère. (…) Nous sommes précisément dans les bâtiments d'un pouvoir d'Etat qui a été pris en otage par la même oligarchie qui a trahi Simon Bolivar et sa cause".

Alors que les manifestations sanglantes se succèdent tous les jours depuis trois mois dans la capitale, le président a décidé de convoquer une Assemblée constituante, dont l'élection aura lieu le 30 juillet prochain. Une décision contraire à la Constitution. Lundi, l'opposition a ainsi décidé d'organiser un référendum sur cette initiative gouvernementale le 16 juillet. "Que ce soit le peuple qui décide s'il rejette ou refuse la Constituante convoquée de manière inconstitutionnelle par Nicolas Maduro", a affirmé le président du Parlement, Julio Borges.

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