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La procureure générale du Venezuela convoquée devant la justice

En ligne le 30 juin

 La procureure générale du Venezuela Luisa OrtegaLa procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, a été citée à comparaître mercredi 28 juin par la Cour suprême. L’audience "orale et publique" a été fixée au 4 juillet. Celle-ci devra statuer si la magistrate peut être traduite en justice. Le tribunal suprême (TSJ) a assorti sa décision d’une interdiction de sortie du territoire ainsi que du gel des comptes et des avoirs de Mme Ortega.

Chaviste entrée en dissidence, la procureure a multiplié les interventions ces dernières semaines pour critiquer le gouvernement du président Maduro, qu’elle accuse de vouloir confisquer le pouvoir et de réprimer durement les manifestations hostiles à son égard – qui ont fait 76 morts depuis début avril.

Nomination de magistrats Le TSJ, accusé de servir l’exécutif, a également ordonné la comparution du député Pedro Carreno. Ce partisan du président a présenté l’action en justice contre la procureure. Sera aussi auditionné Tarek William Sabb, également proche de M. Maduro.

M. Carreno, qui a également demandé au tribunal d’évaluer "la santé mentale" de Luisa Ortega, a assuré que la procureure a "menti" en disant qu’elle n’avait pas approuvé la nomination de trente-trois magistrats, désignés selon elle irrégulièrement par le précédent Parlement de majorité chaviste, en décembre 2015.

"Terrorisme d’Etat" Mercredi, Mme Ortega a accusé le successeur de Hugo Chavez (1999-2013) d’avoir imposé un "terrorisme d’Etat", en raison des violences exercées par les forces de l’ordre contre la vague de manifestations secouant le pays depuis bientôt trois mois.

"Ici on dirait que tout le pays est terroriste", a-t-elle lancé lors d’une déclaration devant la presse, au lendemain d’une attaque présumée d’un hélicoptère de police contre la Cour suprême, qui a mis l’armée en alerte.

"Moi, ce que je pense, c’est que nous avons un terrorisme d’Etat, où l’on a perdu le droit à manifester, où les manifestations sont cruellement réprimées, où l’on juge des civils devant la justice militaire", a-t-elle dénoncé.

Mais non content de défier la procureure générale Luisa Ortega, Nicolas Maduro, le 30 juin, le président vénézuélien a promu le chef des services de renseignement, alors qu’il vient d’être soupçonné de violations des droits de l’homme.

"J’ai décidé aujourd’hui de promouvoir le général Gustavo Gonzalez Lopez, chef du Sebin (le Service de renseignement bolivarien, la police politque) (…) au poste de général en chef."

Le ministère public, dirigé par la procureure Ortega, seule voix critique dans le camp présidentiel, avait signalé quelques heures plus tôt qu’il soupçonnait M. Gonzalez Lopez de "violations graves et systématiques" des droits de l’homme lors de la répression des manifestations anti-Maduro qui secouent le Venezuela depuis trois mois et ont fait 85 morts.

450 enquêtes lancées

Ministre de l’intérieur et de la justice jusqu’en août 2016, le général Gonzalez Lopez a été convoqué pour être auditionné mardi 4 juillet. Ce même jour, Luisa Ortega doit comparaître devant la cour suprême (TSJ). L’audience doit décider si la procureure, accusée de "trahison" par le camp chaviste, peut être traduite en justice comme le demande le gouvernement. Mercredi, elle a accusé Nicolas Maduro d’avoir imposé un "terrorisme d’Etat".

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Le président socialiste a aussi apporté son soutien au général Antonio Benavides Torres, lui aussi accusé de violations des droits de l’homme. Les soupçons portés sur cet homme, à la tête de la Garde nationale jusqu’au 20 juin, sont liés à des abus présumés lors des manifestations. Au moins 23 personnes ont été tuées par des policiers et des militaires, selon le ministère public.

Le général Gonzalez Lopez, qui fait partie du premier cercle de M. Maduro, est lui soupçonné de "perquisitions arbitraires, privations illégitimes de liberté" et de détention abusive, selon le ministère public.

Le bureau de la procureure a lancé 450 enquêtes pour violations des droits de l’homme dans le cadre de la répression des manifestations contre M. Maduro, et assure avoir des preuves d"usage excessif de la force avec emploi d’armes à feu non autorisées, de traitements cruels et de torture" infligée à des détenus.

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