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Entre Maiduguri et Boko Haram, une lutte à mort

En ligne le 27 juin

les préparatifs d'un repas de mariageLe Monde Afrique propose cinq reportages dans le nord-est du Nigeria, en guerre contre le groupe terroriste Boko Haram :

Maiduguri : une ville qui a engendré un monstre. Lequel s’est juré de la détruire, dans une lutte à mort, sans encore y parvenir. Il faut dire que ce n’est pas n’importe quelle ville. Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria, c’est aussi la capitale de l’Etat de Borno et celle, informelle, du bassin du lac Tchad, par son rayonnement commercial et religieux.

A Maïduguri, les fantômes de Boko Haram refusent de mourir Dans les quatre pays riverains du lac – Niger, Tchad, Cameroun et Nigeria –, on retrouve les mêmes peuples. Les Chuwa, une ethnie arabe, les Kanouri, maîtres du Borno, les Haoussa, les plus nombreux, les Boudouma, qui dominent le lac, et les Peuls, bergers et marchands de l’Atlantique à la mer Rouge. Pour tous ceux-là, les frontières coloniales n’ont aucun sens. Maiduguri était leur centre économique et leur phare spirituel, pour le meilleur et pour le pire.

Politique de la terre brûlée Le pire s’est produit en juillet 2009. Un prédicateur salafiste populaire est abattu en ville par les forces de sécurité nigérianes. Mohamed Yusuf, le fondateur de Boko Haram, n’est plus. Mais la secte obscurantiste va se transformer en armée terroriste, pratiquant la politique de la terre brûlée, multipliant massacres et enlèvements de masse. La région en est terrassée, aux milliers de morts s’ajoutent plus de 2 millions de déplacés, aujourd’hui menacés de famine.

Oublié le passé glorieux de Maiduguri, dont le nom ne rime plus qu’avec terreur et misère. Et pourtant, la ville a résisté. Par les armes, par l’humour, par l’amour, par le souffle de sa vie. Maiduguri, ceinturée par des camps d’affamés et des djihadistes assoiffés de sang, reliée au reste du Nigeria par des routes meurtrières et un petit aérodrome, a tenu bon.

Un piège pour des millions de déplacés. Au fil des cinq épisodes de la série du reporter Joan Tilouine et de la photographe Bénédicte Kurzen, nous passerons la nuit avec une jeunesse urbaine épanouie et parfois délurée, au mépris des "kamikazes" ; nous irons aux abattoirs de Maiduguri, où la secte djihadiste a recruté tant de ses combattants ; nous rendrons visite au gouverneur mégalomane, à l’imam qui se dit ruiné mais roule en Bentley ; et nous croiserons la veuve mariée de force avec un commandant de Boko Haram, mais nostalgique de sa captivité.

Car, désormais, la ville est aussi un piège pour des millions de déplacés, dépendants de l’aide humanitaire insuffisante et en partie détournée, instrumentalisés par des hommes politiques sans scrupule. Ceux qui se veulent les anges gardiens de ce grand chaos sont les Karwina, chasseurs mystiques armés de vieux fusils, en première ligne dans la guerre aux terroristes.

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