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Colombie : Washington proteste après la libération d'un guérillero

En ligne le 9 juin

guerilleros colombiens Ce 9 juin, les États-Unis ont officiellement contesté la récente libération par un tribunal colombien d'un guérillero des Farc dont ils avaient réclamé l'extradition pour l'enlèvement d'un citoyen américain. "Nous pensons que cette décision n'a pas tenu compte de la gravité du cas de l'enlèvement d'un citoyen nord-américain" dont est accusé le guérillero, Julio Enrique Lemos Moreno, alias Nader, écrit l'ambassadeur américain en Colombie, Kevin Whitaker, dans une lettre adressée à la Cour suprême et publiée vendredi par des médias colombiens.

Le diplomate, qui rappelle le soutien apporté par son gouvernement à l'accord de paix signé avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), fait référence au jugement du 31 mai concernant l'enlèvement de l'homme d'affaires Cecilio Juan Padron, le 4 avril 2008.

M. Padron, qui résidait alors au Panama et a la citoyenneté américaine, a été libéré en février 2009 après le paiement d'une rançon, selon le jugement.

Le 23 février, M. Lemos a été arrêté à Medellin dans le cadre de cette affaire et le 20 avril, les États-Unis avaient demandé son extradition afin qu'il soit jugé devant un tribunal de New York.

Mais le tribunal colombien a ordonné sa "libération immédiate", en vertu du récent accord de paix, signé en novembre, qui interdit toute extradition pour des crimes commis dans le cadre du conflit armé ayant déchiré la Colombie pendant plus d'un demi-siècle.

"Cette décision n'est pas cohérente avec les objectifs de justice et entraîne un grand risque de créer un précédent inquiétant et dangereux pour la justice bilatérale", critique l'ambassadeur Whitaker dans sa lettre. L'amnistie et les réductions de peine prévues pour certains guérilleros étaient les points les plus controversés de l'accord de paix, qui avait d'ailleurs été rejeté en première instance par une majorité de Colombiens lors d'un référendum, avant d'être adopté dans une version modifiée par le Parlement.

Il est intéressant de noter que le gouvernement américain qui, sous la présidence Obama, avait lourdement pesé en faveur de la politique de Santos, tendant à oublier les crimes commis par les FARC contre des citoyens colombiens, refuse désormais d'appliquer cet oubli s'agissant de crimes commis contre des citoyens des États-Unis

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