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Des nouvelles des écolières otages de Boko Haram

En ligne le 17 mai

Une otage de Boko HaramLe gouvernement nigérian a annoncé ce 17 mai qu'une autre écolière de Chibok, kidnappée il y a plus de trois ans par le groupe djihadiste Boko Haram, avait été retrouvée par l'armée nigériane alors qu'elle fuyait ses ravisseurs.

Elle a été "retrouvée par des soldats de l'armée nigériane alors qu'elle s'échappait", a précisé un responsable gouvernemental. Le vice-président nigérian, Yemi Osinbajo, a informé les ministre de cette nouvelle

Aucun détail n'a été donné sur le lieu où elle a été retrouvée, mais à ce jour 107 des 219 lycéennes kidnappées par Boko Haram en avril 2014 sont libres.

112 jeunes filles demeurent encore captives. Début mai, 82 d'entre elles avaient été libérées dans un échange avec des prisonniers suite à des négociations entre le gouvernement d'Abuja et les djihadistes. 21 autres ont été échangées de la même manière en octobre. Trois ont été retrouvées également par l'armée, aux abords de la forêt de Sambisa, le fief du groupe. Le gouvernement a assuré récemment que des négociations étaient en cours pour libérer les 112 jeunes filles toujours détenues, l'une des promesses électorales du président Muhammadu Buhari. Dans une vidéo publiée par le groupe la semaine dernière, l'une d'elles assure ne pas vouloir rentrer chez elle.

Or, les révélations d'une kamikaze de 14 ans soulignent comment les terroristes de Boko Haram les prépare pour les missions-suicides.

Selon ses déclarations, elle aurait survécu après avoir choisi de ne pas appuyer sur le détonateur d’un dispositif explosif improvisé (IED) à Maiduguri, la capitale de l’État de Borno au nord du Nigeria. Les terroristes avaient installé l’engin sur elle avant de l’envoyer en mission pour tuer.

Elle a déclaré le 15 mars à l’agence de presse du Nigeria (NAN), qu’elle avait été enlevée avec son père, Usman, par les hommes de Boko Haram à Gwoza, état de Borno, en 2013.

Elle a dit que son père et son père s’enfuyaient dans les montagnes de Mandara pour échapper à ces hommes, quand ils ont été enlevés. Elle explique qu’ils se rendaient à Madagali dans l’État d’Adamawa où ils vendaient des vaches avant que les insurgés de Boko Haram aient attaqué Gwoza :

J’ai passé trois ans entre les mains de Boko Haram. Trois différents chefs de Boko Haram avaient proposé de me marier et j’ai refusé. Deux d’entre eux étaient des commandants (amir).
Quand j’ai refusé pour la troisième fois, un des commandants est devenu furieux et a menacé de me tuer ainsi que mon père. Je lui ai dit que je préférais mourir que d’épouser un terroriste de Boko Haram.
Alors, après une semaine, ils ont dit que puisque j’ai refusé de me marier, je devrais être emmené à Maiduguri pour une mission de suicide. Donc, trois d’entre eux ont attrapé mes mains et ils m’ont injecté une substance dont j’ignore.
Ensuite, je ne savais plus ce qui se passait encore. J’ai été emmenée chez un herboriste.
Après avoir repris conscience, il m’a dit que j’avais été avec lui pendant 30 jours et qu’il me préparait pour une mission. Alors il m’a donné de l’eau à boire. Je ne connaissais pas ce goût, mais je l’ai bu. Alors, il a dit qu’ils viendraient me chercher ce jour là.
Vers 7 heures du matin, trois hommes de Boko Haram sont venus avec un homme et une femme. Ils ont également été recrutés pour la mission comme moi.
Nous avons passé un jour et demi sur la route de Maiduguri. C’est lorsque nous sommes arrivés à Maiduguri qu’ils ont attaché les explosifs sur nos corps. À ce moment-là, je savais que j’allais mourir, alors j’ai commencé à pleurer.
Je regardais quand le premier bombardier, une femme, a fait exploser son dispositif près d’un point de contrôle militaire qui n’a tué personne d’autre qu’elle-même. Le second, un homme, a été tué par les militaires avant qu’il ne puisse détoner le sien.
À ce moment, quelque chose m’a dit de me débarrasser de mon IED et de me rendre, ce que j’ai fait. J’étais entouré de soldats et de policiers et je me suis évanouie.
Quand je me suis réveillée, j’ai découvert que l’un des policiers au poste de contrôle était un frère de ma mère. Je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai survécu, a déclaré la jeune fille.

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