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Halte aux assassinats de manifestants au Venezuela !

En ligne le 28 avril

manifestant anti-MaduroLa dérive autoritaire du régime chaviste qui remonte au moins à  2002, voire avant, s’est aujourd’hui cristallisée, sous le pouvoir de Nicolas Maduro dans l’instauration d’une véritable dictature de plus en plus sanglante. Rien que pour ce mois d’avril 2017, on dénombre une trentaine de manifestants morts, suite aux énormes mouvements de protestation de l’opposition dans plusieurs villes. Plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées, torturées ou ont disparu. Plus d’une centaine de journalistes ont été victimes de violences ou entravés dans l’exercice de leur profession. Quant aux leaders de l’opposition, ils sont pour la plupart d ‘entre eux emprisonnés et/ou invalidés au cas où ils souhaiteraient se présenter à  des élections. Enfin, le référendum révocatoire convoqué par l’opposition s’est vu empêché de se tenir a finalement annulé sous des prétextes fallacieux.

Les élections législatives du 6 décembre 2015, bien que gagnées très largement par l’opposition unie de la MUD (Table de l’unité démocratique) qui a obtenu 112 députés sur 167, soit les deux tiers des élus au Parlement, ne se sont pas tenues librement (la liberté de candidatures, la liberté de presse, l’équité de propagande, l’absence de pressions financières, morales ou physiques sur les électeurs, l’indépendance des instances judiciaires de recours n’ont pas été respectées).

Mais surtout, cette Assemblée a été empêchée de légiférer dès son installation. Elle-même a été remise en cause par les pouvoirs exécutif et judiciaire coalisés. Dans les négociations de 2014 puis en 2016, Maduro avait promis à l’opposition des élections libres. Il n’y en a jamais eu. A chaque fois, la violence a été la vraie réponse de la dictature.

Cette crise politique s’inscrit dans un contexte de plus en plus dramatique de crise sociale et humanitaire : pénuries alimentaires, médicales et sanitaires. Victime d’expropriations absurdes gérées dans l’irresponsabilité et la corruption depuis plusieurs années, l’appareil de production  et de distribution est aujourd’hui quasiment à  l’arrêt tandis que les revenus de la rente pétrolière ont diminué de moitié du fait de la chute des cours.

Face à  cette situation qui se dégrade progressivement depuis plusieurs années, le gouvernement français et le Parti Socialiste se sont signalés par une complaisance puis un silence coupables. Le Venezuela a servi de variable d’ajustement dans une stratégie absurde de transaction avec la « gauche radicale ».  Pour Jean-Luc Mélenchon et son mouvement, en effet, le Venezuela chaviste reste une référence importante. Ils refusent d’admettre la nature dictatoriale du régime qu’ils soutiennent  depuis ses débuts, et surtout parce que la "violence révolutionnaire" constitue l’axe idéologique de ces néo-bolcheviks français.

Nous nous réjouissons qu’enfin, le 27 avril,  l’Union Européenne ait condamné la répression au Venezuela, par 450 voix (contre 35 et 100 abstentions). La résolution adoptée "condamne vigoureusement la répression brutale exercée par les forces de sécurité vénézuéliennes, ainsi que par des groupes armés irréguliers, contre les manifestations pacifiques".

L’Organisation des Etats américains, l’OEA, vient de se prononcer contre Nicolas Maduro. Celui-ci a riposté en annonçant que son pays allait quitter l’organisation panaméricaine.

Les Vénézuéliens demandent  la démission immédiate de Nicolas Maduro et la formation d’un gouvernement provisoire capable d’organiser à  terme des élections présidentielles et législatives pour mettre fin au régime « bolivarien », au chaos, à  la violence et à  la misère généralisée dont cette dictature est responsable.

L’Institut d’histoire sociale, attaché aux valeurs démocratiques et au respect des droits de l’homme contre tous les autoritarismes, tient à affirmer sa solidarité avec les démocrates vénézuéliens en résistance contre la dictature chaviste dont ils cherchent à sortir d’une manière pacifique, et à  dénoncer les mensonges des partisans du chavisme en France et en Europe.

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