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Où en sont les repreneurs de La Marseillaise.

En ligne le 11 avril

La Une de La MarseillaiseLe journal se trouve en redressement judiciaire pour la seconde fois en deux ans. En novembre 2014, en effet Les Éditions des Fédérés, avait en effet repris les actifs du quotidien communiste La Marseillaise, sans enreprendre ses dettes, tour de passe passe réalisé avec l'accord du Tribunal de commerce. Or, aujourd'hui cette émanation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du PCF se retrouve à la case départ. Elles avaient obtenu le placement en redressement judiciaire du journal début décembre, affirmant être en capacité de faire repartir La Marseillaise. Le quotidien aurait ainsi vu progresser ses abonnements de 15 % en 2016.

Ces derniers se situeraient à 15 000 exemplaires, tandis que la vente au numéro avoisinerait les 10 000 exemplaires par jour. Des chiffres invérifiables en raison de la sortie au début des années 2010 de La Marseillaise de l’Office de justification de la diffusion (OJD devenu en 2016 l’Alliance pour les chiffres de la presse et les médias).

Les Fédérés, ses dirigeants en tête, Pierre Dharréville, proche de Pierre Laurent, et Fabrice Lecomte, expliquent qu’au contraire les recettes publicitaires sont en berne.

Sans entrer dans les détails, le passage à droite en 2015 de la région Provence Alpes Côte d’Azur – auparavant présidée par le socialiste Michel Vauzelle – s’est traduit par une baisse sensible des "investissements" publicitaires de la collectivité dans La Marseillaise. Déjà en 2014, nombre de mairies des six départements où La Marseillaise est diffusée – Bouches-du-Rhône en tête – avaient basculé dans le camp de l’opposition. Les coupes dans leurs budgets publicitaires ont été sévères pour le quotidien de gauche.

Un autre paramètre de la diète budgétaire – lui aussi peu médiatisé – qui frappe La Marseillaise est que le quotidien communiste est plombé par un conflit avec l’organisateur du Mondial à pétanque.

Cette manifestation d’ampleur internationale est étroitement liée à La Marseillaise qui en est l’organisateur.

Michel Montana, le président de l’association dont dépend le Mondial a lui-même été l’ancien directeur de la publicité et des relations extérieures du journal jusqu’en 2015. Montana, qui est parti à la retraite à 83 ans, serait depuis en froid avec le repreneur de La Marseillaise.

Résultat, le versement prévu de la part des recettes du Mondial à pétanque n’a pas eu lieu l’été dernier.

Le manque à gagner se chiffrerait en centaines de milliers d’euros et aurait largement contribué à la cessation de paiement du quotidien.

Montana, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, semble donc bien être l’un des acteurs majeurs de la bouillabaisse en train de mijoter sur la canebière.

Avec environ un million d’euros de pertes en 2016, La Marseillaise devra probablement encore réduire sa masse salariale pour voir son plan de continuation validé par le tribunal de commerce de Marseille en 2017. Le titre est pourtant déjà à l’os ! Après avoir supprimé 90 emplois en 2014-2015, la marque n’emploie plus que 117 salariés dont une cinquantaine de journalistes.

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